Bruxelles, 23/10/2014 (Agence Europe) - L'écart était grand dans les positions sur la conjoncture économique actuelle entre l'Allemagne et la France, jeudi 23 octobre, à l'ouverture du Conseil européen.
Sans surprise, la chancelière allemande, Angela Merkel, a insisté sur le respect « de façon crédible » des règles budgétaires européennes. À cause des déficits qui demeurent importants, il n'y a pas de croissance, a-t-elle considéré, convaincue que la croissance passe d'abord par la consolidation budgétaire. À l'opposé, le président français, François Hollande, a assuré que rien ne ferait dévier la France de son objectif, à savoir que la croissance devait être la priorité de l'Europe. « La croissance, parce que c'est l'emploi ; la croissance, parce que c'est l'avenir de l'Europe », a-t-il martelé, alors qu'il avait réuni la famille sociale-démocrate européenne à Paris plus tôt dans la journée.
Satisfait que l'économie de son pays tourne à plein régime, le Premier ministre britannique, David Cameron, a néanmoins fait état d'inquiétudes quant à la santé de certaines économies sur le continent.
Formellement, le Conseil européen devrait se limiter à souligner le respect du Pacte et la possibilité d'utiliser les flexibilités déjà prévues dans l'appréciation des projets de budget 2015 (EUROPE 11182).
Mercredi, la Commission européenne, qui analyse les projets de loi de Finances des pays de la zone euro qui lui ont été transmis mi-octobre, a demandé par écrit des clarifications à cinq pays (Autriche, France, Italie, Malte, Slovénie), craignant que leur politique budgétaire n'enfreigne le Pacte.
Le président sortant de la Commission, José Manuel Durão Barroso, n'a pas confirmé, lors du sommet social tripartite, une telle initiative. Il n'a pas pu nier que ses services avaient officiellement contacté les autorités italiennes, le ministère italien de l'Économie ayant pris la décision surprenante de publier sur son site Internet un document 'strictement confidentiel' de la Commission. Nous n'étions « pas favorables » à cette publication « unilatérale » effectuée dans le cadre de discussions « assez techniques » qui avancent plus facilement si elles restent « informelles » et s'effectuent dans un climat de confiance, a déclaré M. Barroso, fustigeant le manque de professionnalisme de certains médias italiens lui ayant attribué cette fuite. Il a souligné l'importance pour l'institution européenne, en tant que « gardienne des traités », de faire respecter les règles existantes, même s'il s'est dit personnellement d'avis que leur interprétation devait intervenir « avec le maximum de flexibilité ». Selon lui, l'objectif consiste, avant tout, à trouver une solution satisfaisante pour tous, basée sur le triptyque assainissement des finances publiques, réformes structurelles et investissements. (MB)