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Bulletin Quotidien Europe N° 11183
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Les consommateurs ne profitent pas de la baisse des prix de gros

Bruxelles, 23/10/2014 (Agence Europe) - Malgré une baisse générale des prix de gros de l'énergie, due à une plus grande pénétration des énergies renouvelables et à un charbon moins cher, les prix au détail de l'électricité et du gaz ont continué de croître en 2013, mais à un rythme plus lent que les années précédentes. En moyenne, la facture d'électricité pour les ménages a augmenté de 4,4%, et celle de gaz de 2,7%, selon le dernier rapport sur la surveillance des marchés, dévoilé mercredi 22 octobre par l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie (ACER) et le Conseil des régulateurs européens de l'énergie (CEER).

L'ACER et le CEER identifient un cercle vicieux dans de nombreux États membres où des lacunes en matière de concurrence se traduisent en de faibles taux de changement de fournisseur, ce qui est parfois utilisé pour justifier les tarifs réglementés et qui peut, à son tour, nuire à la concurrence, déplorent-elles. Pour enrayer cette tendance, le directeur de l'ACER, Alberto Pototschnig, préconise la suppression des barrières à l'entrée sur les marchés de détail via la pleine mise en oeuvre du troisième paquet de libéralisation, l'adoption de codes de réseau et l'élimination progressive des tarifs réglementés pour les clients non vulnérables.

Pour le gaz comme pour l'électricité, l'intégration des marchés de gros continue de progresser, note le rapport. En 2013, le niveau d'efficacité dans l'utilisation des interconnexions a continué d'augmenter grâce au couplage de marché, atteignant un niveau de 77%. Cela n'a toutefois pas toujours abouti à une convergence accrue des prix. Ceci s'explique principalement par une plus grande pénétration des énergies renouvelables. À l'avenir, une plus grande part de production d'énergie renouvelable à base variable et non programmable dans le système électrique nécessitera davantage de souplesse dans la réponse de l'offre, souligne le rapport.

Les régulateurs prévoient une transition d'ici 2025 vers une société à faible teneur en carbone où, selon eux, des marchés souples et réactifs changeront la manière dont les consommateurs appréhendent l'énergie. Une évolution qui nécessitera plus d'égards pour la protection et les droits des consommateurs, souligne le rapport. En s'appuyant sur les actions concrètes décrites par les régulateurs dans leur proposition Bridge to 2025 pour mieux impliquer les consommateurs dans le marché, Lord John Mogg, qui préside le conseil d'administration de l'ACER et dirige le CEER, souligne le besoin d'un cadre approprié pour inclure la réponse de la demande dans le marché.

Pour le gaz, le principal défi identifié est le besoin de favoriser la liquidité des échanges de gaz et de s'assurer que toutes les capacités inutilisées peuvent être facilement remises sur le marché afin que d'autres expéditeurs de gaz puissent les utiliser à court terme, si des opportunités commerciales se présentent.

En ce qui concerne les marchés de détail, l'ACER constate que le manque de différenciation des produits et des prix n'incite guère les consommateurs domestiques à changer de fournisseur. Le faible niveau de commutation et la faible concurrence sont souvent utilisés pour justifier le maintien des prix réglementés, ce qui peut entraver la concurrence, surtout si les prix réglementés sont inférieurs au niveau des coûts, souligne le rapport. Mais, l'ACER et le CEER notent des progrès: en 2013, 15 États membres sur 28 pratiquaient encore des prix réglementés dans le secteur de l'électricité contre 18 en 2012, et 15 États membres sur 26 le faisaient dans le secteur du gaz (il n'y a pas de fourniture de gaz à Chypre et Malte).

Malgré cela, les possibilités pour les consommateurs d'obtenir un meilleur deal grâce au changement de fournisseur sont réelles. Mais le taux de changement reste faible dans la plupart des États membres. Dans certains cas, cela peut être dû à la fidélité au fournisseur ou à l'aversion pour le risque. L'ACER et le CEER plaident donc pour une sensibilisation accrue sur les possibilités de commutation à travers, entre autres, le développement d'outils en ligne de comparaison de prix et des prix transparents. (EH)

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