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Bulletin Quotidien Europe N° 11166
AUDITIONS DES COMMISSAIRES-CANDIDATS / (ae) dÉveloppement

M. Mimica s'engage à rendre l'action de l'UE plus cohérente

Bruxelles, 30/09/2014 (Agence Europe) - Fort de son bagage d'économiste spécialiste des relations internationales et du commerce international et de ses expériences passées de diplomate en Turquie et en Égypte, de négociateur pour l'adhésion de la Croatie à l'OMC, puis de ministre pour Affaires européennes et de vice-premier ministre en charge des affaires européennes et étrangères et, plus récemment, de commissaire au sein de la Commission Barroso-2, Neven Mimica a passé sans encombres le test de son audition au Parlement européen pour le poste de commissaire à la Coopération internationale et au Développement, lundi 29 septembre. M. Mimica a, en effet, fait preuve d'une aisance certaine pour répondre aux questions des membres de la commission du développement, présidée par la Britannique Linda McAvan (S&D), visant à tester ses qualités pour remplir une mission requérant une habileté tant au plan technique que politique.

Les députés spécialistes des questions de développement attendaient de M. Mimica qu'il fasse preuve d'engagement et le politicien social-démocrate croate a répondu présent, se disant d'emblée « prêt à mener une politique de développement plus cohérente » pour répondre à nombre de défis auxquels fait face le monde en développement: éradication de la pauvreté, protection des droits de l'homme, des femmes et des minorités, déliquescence de certains États, montée de la menace terroriste… « Si je suis confirmé j'utiliserai toute mon expérience et mon engagement pour assurer que l'UE maintienne sa position de champion du développement. Un tel leadership est capital compte tenu des deux processus stratégiques qui nous attendent: l'agenda post 2015 et l'agenda de révision de Cotonou », a expliqué M. Mimica.

Première priorité: les négociations sur le cadre mondial pour le développement post-2015, qui devront, selon M. Mimica, refléter la façon d'éradiquer la pauvreté et d'assurer la durabilité tout en intégrant les principes de respect des droits de l'homme, de l'égalité, des valeurs démocratiques et de l'État de droit et les aspects paix et sécurité. « Il faudra rassembler tous ces aspects sous un cadre unique, universel et complet, qui s'appliquera à tous les pays pour aider mieux les pays en développement à construire des sociétés durables et inclusives à prendre leurs responsabilités et s'approprier leurs propres efforts de développement », a expliqué M. Mimica. Un élément clé du processus post-2015 sera le financement et sa mise en œuvre, a-t-il ajouté, appelant déjà les États membres à respecter l'engagement d'allouer collectivement au moins 0,7% du RNB de l'UE à l'aide publique au développement dans le prochain cadre. Aux yeux de M. Mimica, il s'agira aussi de faire en sorte que l'UE aide ses partenaires à accroître leurs ressources nationales par le biais d'une meilleure gestion économique, par le biais d'une lutte contre l'évasion fiscale et par des systèmes fiscaux plus efficaces. Ce nouveau cadre doit être inclusif: en assurant la participation de la société civile, des entreprises et des populations.

Seconde priorité: le lancement des négociations pour un cadre révisé de l'accord de Cotonou entre l'UE et les pays ACP et le renforcement du Partenariat avec l'Afrique. « Le cadre post-accord de Cotonou devra s'adapter aux nouvelles réalités et refléter les résultats du processus post-2015.Il ne peut pas être une simple prolongation de ce qui a été fait par le passé. Le groupe ACP y réfléchit déjà et nous devons faire la même chose », a expliqué M. Mimica, plaidant pour que le futur cadre « se base sur un partenariat très fort » incluant la bonne gouvernance, le respect des droits fondamentaux, mais aussi la lutte contre les paradis fiscaux et contre l'évasion fiscale. Répondant aux questions d'Adam Koza (PPE, hongrois) et de Louis Joseph Manscour (S&D, français) sur ce sujet, M. Mimica a fait part de son intention de lancer une large consultation publique sur notre nouvelle approche au cadre post-Cotonou. « Il nous faut adapter le cadre à une nouvelle réalité. Nous pourrions envisager de nous mettre d'accord sur un ensemble de principes fondamentaux qui engloberaient l'ensemble de notre coopération, ce qui nous permettrait ensuite de développer des programmes spécifiques pour l'Afrique pour des pays ou des groupes de pays », a-t-il précisé. (EH)

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