Bruxelles, 30/09/2014 (Agence Europe) - La commissaire-candidate au Commerce, Cecilia Malmström, a confirmé, lors de son audition devant le Parlement européen, lundi 29 septembre, la position ferme de l'UE à l'égard de la Russie concernant l'accord de libre-échange UE/Ukraine: Moscou ne pourra pas amender cet accord, ratifié le 16 septembre par les Parlements européen et ukrainien. « Je ne permettrai pas, si je suis confirmée, et la Commission ne permettra pas à la Russie d'amender cet accord », a insisté Mme Malmström. « La Russie a exprimé de nombreuses inquiétudes d'ordre économique », a-t-elle concédé, estimant que le délai de 15 mois prévu avant l'application de l'accord devrait permettre d'aplanir les divergences.
La Commission a accepté, le 12 septembre, de reporter au 1er janvier 2016 la mise en oeuvre provisoire de l'accord de libre-échange prévu dans l'accord d'association UE/Ukraine (EUROPE 11155). L'UE, la Russie et l'Ukraine ont 15 mois pour trouver les moyens de répondre aux préoccupations russes. L'ouverture unilatérale et anticipée de l'UE aux produits ukrainiens, appliquée depuis le 23 avril, reste toutefois maintenue.
Dans un récent courrier adressé au président de la Commission, José Manuel Barroso, le président russe, Vladimir Poutine, a demandé à l'UE de s'engager à amender l'accord commercial avec l'Ukraine. M. Poutine soulève des « problèmes systémiques » découlant de l'accord et réclame qu'il soit remanié. La Russie redoute l'arrivée sur son marché, via l'Ukraine, de produits européens au détriment de sa production nationale. En outre, la Russie considère que l'Ukraine ne peut pas bénéficier de conditions commerciales privilégiées avec elle et avec l'UE à la fois. Moscou aurait demandé plus de 2 000 modifications à l'accord.
Par la voix de sa porte-parole, Pia Ahrenkilde, vendredi 26 septembre, la Commission a réaffirmé sa disponibilité à discuter du problème, mais a exclu toute négociation sur le contenu de l'accord, limitant le débat aux modalités d'application. L'UE « ne recherche aucun changement à l'accord », a insisté Mme Ahrenkilde, précisant que M. Barroso « va décider quelle est la meilleure façon de répondre » à M. Poutine.
Lundi, l'ambassadeur de la Russie auprès de l'UE, Vladimir Chizhov, a dit espérer « d'ici peu » des propositions de la Commission visant à répondre aux préoccupations russes sur cinq points: les tarifs, les standards et la réglementation technique, les normes vétérinaires et phytosanitaires, l'énergie et les règlements douaniers. « Je pense qu'il existe suffisamment de temps pour parvenir à un compromis, cependant cela ne sera pas facile », a conclu M. Chizhov, relayé par les médias russes. (EH)