Bruxelles, 24/09/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a fait part de son intention ou, tout au moins, de sa volonté de ne pas mener le programme du FMI à son terme, mardi 23 septembre, lors d'une conférence de presse à Berlin avec la chancelière allemande, Angela Merkel.
Le programme de l'eurozone se termine avec l'année 2014, mais le programme du FMI court en théorie jusqu'au 1er trimestre de 2016. Sur les 28 milliards d'euros engagés par le FMI pour la Grèce, 11,58 milliards ont déjà été versés. « Je crois que ce processus sera conclu, arrivera à sa fin, avant le calendrier initialement envisagé », a dit M. Samaras, à Berlin. M. Samaras a refusé de voir en cette initiative une sorte de 'divorce' du FMI. « Si cela arrive, ce sera un succès, non un divorce », a-t-il jugé, interrogé à ce sujet et cité par la presse grecque. Et de préciser que la Grèce mettrait « bientôt » en avant son propre cadre de réformes pour les années à venir.
La semaine dernière, à Luxembourg, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité, Klaus Regling, avait précisé que la Grèce pouvait toujours dire qu'elle ne voulait plus l'argent du FMI, la « possibilité existe. Si la Grèce peut se le permettre, je ne le sais pas encore », avait-il déclaré (EUROPE 11159). C'est la prochaine mission de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) à Athènes qui apportera les réponses nécessaires aux questions toujours en suspens, notamment ce qu'il adviendra de l'enveloppe de onze milliards prévue pour la recapitalisation des banques. L'examen de santé européen du secteur financier, dont les résultats sont attendus fin octobre, permettra de faire la lumière sur ce point. En juin, le FMI faisait pour sa part remarquer que la Grèce s'était remise avec succès à emprunter sur les marchés financiers.
« Nous voulons la normalité pour notre pays et nous avons montré que nous pouvons atteindre la crédibilité », a encore dit M. Samaras, ajoutant qu'il avait expliqué à la chancelière que la Grèce voulait tenir sur ses propres jambes. Mme Merkel s'est dite, pour sa part, consciente des moments difficiles que connaît le peuple grec, mais a ajouté que les premiers fruits étaient visibles. (EL)