Bruxelles, 24/09/2014 (Agence Europe) - Le Parlement européen a présenté, mardi 23 septembre, les sept candidats au Prix Sakharov 2014 pour la liberté de l'esprit. Les trois finalistes seront sélectionnés le 7 octobre par les commissions des affaires étrangères et du développement et la sous-commission des droits de l'homme et le lauréat sera choisi le 16 octobre, par la conférence des présidents des groupes politiques du PE. Le Prix sera remis le 26 novembre.
Deux ensembles de candidats sont liés à la situation des chrétiens en Irak. Le groupe CRE, Anna Záborská (PPE, slovaque) et 66 autres députés ont présenté l'Irakien musulman qui a défendu les chrétiens Mahmoud Al'Asali et le patriarche de Babylone des Chaldéens Louis Raphael Sako. « Certaines personnes réclament la tolérance, le respect de l'exercice des religions. (…) Ces gens nous montrent la voie de l'espoir », a expliqué Mark Demesmaeker (CRE, belge). Philippe Juvin (PPE, français) et 60 autres députés ont choisi les ONG Coordination chrétienne d'Orient en Danger (CHREDO), Open Doors, Oeuvre d'Orient et Aide à l'Église en Détresse. « En leur attribuant le prix, on affirmerait notre solidarité envers les minorités persécutées par la barbarie de l'État islamique. Défendre les chrétiens d'Orient est un devoir. Nous partageons le même terreau de civilisation et de valeurs. Il ne s'agit pas de religion mais de philosophie et de morale », a précisé Maurice Ponga (PPE, français).
Les défenseurs des droits des femmes sont aussi mis en avant. Ainsi, les groupes S&D et ADLE et Barbara Lochbihler (Verts/ALE, allemande) ont désigné le médecin et militant des droits de l'homme congolais Denis Mukwege, qui aide les femmes victimes de viols collectifs dans la région du Kivu. « Le récompenser c'est dénoncer la réalité de l'inégalité des femmes partout dans le monde (…) c'est regarder à nouveau vers l'Afrique (…) c'est récompenser la dignité humaine », a expliqué Elena Valenciano (S&D, espagnole) précisant que les 50 000 euros du Prix permettraient à M. Mukwege de financer son hôpital. Le groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD) a choisi la femme politique et militante des droits de l'homme somalienne Ayaan Hirsi Ali, qui lutte contre les mutilations génitales féminines. La désigner prix Sakharov montrerait l'opposition du Parlement européen à « la mutilation et à la culture qui l'accompagne », a souligné le britannique James Carver.
Jacek Saryusz-Wolski (PPE, polonais) et 52 autres députés ont nommé Mustafa Nayem, Ruslana Lyzhychko, Yelyzaveta Schepetylnykova et Tetiana Tchornovol, représentant EuroMaidan, ce « mouvement de masse qui a montré du courage et du sacrifice pour le respect des droits de l'homme et de la démocratie, pour faire face au régime autoritaire et brutal », selon M. Saryusz-Wolski.
Le groupe Verts/ALE et les députés ADLE Alexander Graf Lambsdorff (allemand), Marietje Schaake (néerlandaise) et Ramon Tremosa (espagnol) ont sélectionné la militante azerbaïdjanaise Leyla Yunus. « C'est la candidate idéale pour le prix, elle a besoin de protection maintenant. C'est une sorte de héros isolé. (…) Quelqu'un qui se bat tout près dans notre voisinage », a expliqué Ulrike Lunacek (Verte/ALE, autrichienne).
Enfin, le groupe GUE/NGL a proposé les rappeurs marocain Mouad Belghouat et tunisien Ala Yaacoubi, âgés de 26 ans et qui ont, dans leur pays respectif, dénoncé la corruption et la répression policière, et l'activiste égyptien Alaa Abdel Fattah, 33 ans, qui a manifesté pour les libertés publiques. « Ils sont le symbole d'une jeunesse bouillante en Afrique du Nord qui croit que la liberté d'expression est un atout », a expliqué Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, française). (CG)