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Bulletin Quotidien Europe N° 11130
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Les espoirs d'une présidence italienne « dynamique »

Bruxelles, 28/07/2014 (Agence Europe) - Le secrétaire général de l'UpM (Union pour la Méditerranée), Fathallah Sijilmassi, a l'espoir de voir la Présidence italienne de l'UE redynamiser le processus euro-méditerranéen dans le « contexte particulier » de « l'arrivée d'une nouvelle équipe européenne », à Bruxelles et à Strasbourg. Des craintes liées aux soubresauts et conflits politiques demeurent dont le traitement est plutôt de la compétence des États membres.

M. Sijilmassi se réjouit du « programme de travail du trio des présidences européennes ». Il « confirme la priorité accordée au voisinage Sud », « met en relief l'importance de la dimension régionale » et cite l'UpM comme cadre d'action: « Je crois savoir que l'Italie compte prendre des initiatives» telles que l'organisation, le 10 décembre à Civitavecchia, d'une conférence sur « le financement des projets dans le domaine des transports. D'autres initiatives stratégiques importantes pour le soutien aux investissements et au secteur privé» existent. Il note surtout la déclaration du Premier ministre, Matteo Renzi, le 4 février à Tunis, sur « la centralité que l'Italie attache à la Méditerranée». Tout cela, lui semble de bon augure.

Un des principaux défis serait à son avis de contrer « la faiblesse de l'intégration économique en Méditerranée », un « handicap majeur. Plusieurs rendez-vous de haut niveau sur le financement de projets, les transports ou l'énergie, ainsi que des rendez-vous et initiatives politiques » seraient prévus par Rome. Ces initiatives offriraient « l'opportunité d'accélérer et d'amplifier le mouvement » vers une coopération « plus dynamique mais l'impulsion politique est, à cet égard, nécessaire », note-t-il. Même si - M. Sijilmassi ne le dit pas - la volonté politique demeure faible et sous l'influence des conflits du Moyen-Orient obligeant à concentrer davantage l'action sur la Méditerranée occidentale. D'où le besoin d'engagements 'à la carte'.

Pour M. Sijilmassi, il y a déjà une « prise de conscience plus grande (de) la nécessité de donner un contenu plus fort et plus stratégique à la relation », que ce soit pour « l'accompagnement des transitions en cours, l'approfondissement de la coopération euro-méditerranéenne ou encore le renforcement de la compétitivité de l'Europe elle-même ». L'UpM est, dit-il, le cadre adéquat pour une telle action. « Sous l'impulsion des deux co-présidences (UE et Jordanie) et de son secrétariat général, une approche » a été définie: « Relance des conférences ministérielles (cinq depuis septembre 2013 et deux ou trois d'ici la fin de l'année) » et une « décision d'opérationnaliser ses décisions par le biais notamment du secrétariat général ».

L'UpM a elle-même structurellement mué par la création de « plateformes de coopération régionale initiées et animées par le secrétariat général sur différents thèmes (emploi, femmes, développement urbain durable… ». « La spécificité des projets UpM est précisément de faire travailler ensemble différents partenaires et de bâtir sur les synergies entre eux ». Le secrétariat « ne cherche pas à avoir ses projets en propre ni à être seul crédité de leurs avancées et résultats, au contraire », précise M. Sijilmassi. « Les projets d'intérêt régional impliquent nécessairement leur appropriation par différents intervenants. L'essentiel est que les projets soient menés à bien, jusqu'à leur mise en oeuvre effective sur le terrain ».

Une « plateforme de convergence institutionnelle » a été créée « au service de la promotion de projets exemplaires ». Le secrétariat joue un rôle de « tiers de confiance » auprès des principaux bailleurs et investisseurs de long terme (AFD, BEI, KFW, BERD, Caisses des dépôts des pays de la Méditerranée, Caixa). Il « organise le partenariat financier permettant la mise en oeuvre des projets ». Cette initiative est, assure-t-il, « largement soutenue par la Commission européenne. 15 projets ont été identifiés à ce jour dans 9 pays ».

L'impact « ne se fera ressentir que progressivement, l'essentiel est qu'il permette une dynamique de développement des échanges et de la coopération qui sera in fine bénéfique à l'économie de la région ». Il s'agit de « préparer l'avenir, de pouvoir développer des actions concrètes avec une politique des petits pas et d'être prêts lorsque les conditions seront réunies pour une accélération. Les projets développés répondent tous à des besoins avérés pour lesquels une approche régionale est utile en complément des échanges bilatéraux entre pays. À titre d'illustration, les milieux économiques, réunis dans le cadre du Business Forum du dialogue ' 5+5' (Méditerranée occidentale, ndlr) en octobre 2013 à Barcelone, ont exprimé leur appui à cette dynamique opérationnelle et à ces efforts. »

Le principal défi sera cependant la mobilisation des États, plutôt faible actuellement. M. Sijilmassi conteste cette impression. « L'ensemble des pays de la région est impliqué dans le format UpM mais, au sein de ce format institutionnel large, les coopérations concrètes et les projets sont développés selon le principe des 'géométries variables', qui permet à chacun d'être à l'aise dans les partenariats mis en œuvre ». La « co-appropriation politique du processus » par les États s'est même, affirme-t-il, « renforcée depuis 2012 avec les nouvelles co-présidences ». Au sein du secrétariat général, les États sont impliqués: « Une vingtaine de pays ont un ou plusieurs personnels au sein de la structure et une quinzaine (contre dix les précédentes années) contribue financièrement au budget de fonctionnement de l'organisation, aux côtés de l'UE ». Ces contributions sont, reconnaît-il « insuffisantes, particulièrement en phase de développement des activités », et le seront davantage en fonction du développement des activités, ce qui est « bien sûr une source de préoccupation ».

Le secrétariat s'est « considérablement professionnalisé ces dernières années, la qualité du travail est largement reconnue. Je souhaite néanmoins, dans les mois qui viennent, continuer à rechercher toutes les améliorations qui peuvent permettre de consolider la pertinence de notre activité, son organisation et son efficacité. Nous y travaillons. Je formule le souhait que les États nous accompagnent dans ces efforts. » Le secrétaire général souhaite en même temps « renforcer les coordinations et les synergies entre les différents acteurs engagés en Méditerranée, avec l'action de l'UpM, notamment pour la mobilisation et la coordination des financements. » Pour réussir, « il faudra surtout l'affirmation de la volonté politique des pays membres ». Il propose, outre le groupe des hauts fonctionnaires, « une sorte de 'Coreper'» (représentants/ambassadeurs à Bruxelles, ndlr) des pays membres de l'UpM, à l'exemple de ce qui est fait avec l'ASEAN ». Un « groupe UpM » pourrait être formé au sein des grandes enceintes multilatérales économiques (OMC, changement climatique…) pour y créer une « une force d'influence ». Un 'Coreper' euromed « ne sera pas une création supplémentaire, car il figure déjà dans les textes fondateurs (dans la déclaration du sommet de Paris en 2008 et de la ministérielle en novembre de la même année) », assure M. Sijilmassi. (FB)

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