login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11130
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

13 commissaires dont 1 femme à ce jour, M. Juncker a trois jours pour faire jeu égal avec 'Barroso 2'

Bruxelles, 28/07/2014 (Agence Europe) - Avec seulement 13 commissaires officiellement désignés, la composition de la future équipe de Jean-Claude Juncker se dessine lentement et se heurte actuellement à une série d'obstacles, relevant tant des problématiques de genre que des personnalités mises sur la table.

Cette configuration ne va tout d'abord pas dans le sens souhaité par le Luxembourgeois en ce qui concerne la représentation féminine, seule la Tchèque Vera Jourova ayant été jusqu'à présent confirmée par son gouvernement. Le futur président de la Commission européenne doit démêler plusieurs casse-tête après le dernier Conseil européen qui a échoué à désigner le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, qui est aussi vice-président de la Commission.

Dimanche 27 juillet, Athènes a décidé d'envoyer à Bruxelles son ministre de la Défense, Dimitris Avramopoulos. Le ministre est un fidèle du Premier ministre, Antonis Samaras. Ce choix fait ainsi porter les espoirs de 'parité' sur le reste des États membres n'ayant pas encore tranché, à l'image de la France qui n'a toujours pas officiellement choisi entre ses anciens ministres de l'Économie et de la Justice, respectivement Pierre Moscovici et Elisabeth Guigou.

Cette désignation par le gouvernement grec porte en tout cas à 13 le nombre de commissaires officiellement confirmés, issus pour la moitié du parti PPE: Jyrki Katainen pour la Finlande, Günther Oettinger pour l'Allemagne, Johannes Hahn pour l'Autriche, Valdis Dombrovskis pour la Lettonie, Phil Hogan pour l'Irlande. Quatre commissaires viennent eux du PSE: le Slovaque Maros Sefcovic, le Croate Neven Mimica, le Lituanien Vytenis Andriukaitis et le Maltais Karmenu Vella. Deux commissaires viennent de l'ADLE: l'Estonien Andrus Ansip et la Tchèque Vera Jourova. Jonathan Hill, désigné par Londres, est lui issu de l'AECR (Alliance of European Conservatives and Reformists), le parti des conservateurs britanniques. L'actuel commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, appartenant au PPE, est favori pour être le nouveau commissaire de la Roumanie, mais aucune décision officielle n'a encore été prise.

Trois jours pour trouver 8 femmes

La configuration de la nouvelle Commission Juncker ne passerait pas en l'état la rampe du Parlement européen, qui veut voir autant de femmes dans le collège que sous la Commission Barroso 2, qui en avait neuf. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, s'est engagé à composer une équipe avec autant de femmes. Et il a demandé aux États membres de lui présenter leur candidat d'ici au 31 juillet. Il ne reste donc plus que trois jours au président désigné de la Commission pour rallier huit femmes, ce qui semble être une tâche particulièrement ardue. Les plus grands espoirs reposent actuellement sur la Bulgarie, en la personne de la commissaire Kristalina Georgieva, et sur la Suède, avec la possible seconde nomination de Cecilia Malmström, ainsi que sur les pays n'ayant pas encore fait leur choix, comme la Belgique qui hésite notamment entre Karel de Gucht et Marianne Thyssen. Pour le reste, la Pologne, si jamais Radoslaw Sikorski ou Janusz Lewandoski n'étaient pas choisis, peut encore compter sur l'ancienne commissaire Danuta Hübner. L'incertitude est de mise s'agissant des choix du Danemark, de la Slovénie ou encore du Portugal (même si Lisbonne pourrait opter pour une femme).

L'équation Mogherini

Jean-Claude Juncker est également confronté à une autre difficulté en la personne de l'Italienne Federica Mogherini, en lice pour succéder à Catherine Ashton au poste de Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et poussée par le président du Conseil italien, Matteo Renzi. Mais les espoirs de ce dernier ont été quelque peu douchés lors du Conseil européen du 16 juillet. Les Vingt-huit avaient en effet refusé d'endosser sa candidature sans avoir un paquet globale de nominations et la candidature de la sociale-démocrate italienne a aussi été critiquée par les pays de l'est de l'Europe, qui jugent cette personnalité trop conciliante à l'égard de la Russie. La jeune femme n'a pas non plus le plein soutien du Luxembourgeois, qui a dit en outre dans une interview datée du dimanche 27 juillet accordée au journal Le Quotidien que la parole et le poids de ces pays de l'Est devaient être pris en compte.

Selon la presse italienne, M. Juncker et M. Renzi se seraient parlé au téléphone vendredi 25 juillet pour évoquer la candidature de Mme Mogherini, le Luxembourgeois s'inquiétant notamment du fait que Rome pourrait obtenir un portefeuille moindre dans sa Commission si était maintenue la candidature de Mme Mogherini. Un entretien confirmé par l'entourage de M. Juncker qui a reprécisé que le deadline fixé à l'Italie pour désigner son commissaire était le 31 juillet. Or c'est seulement le 30 août que les Vingt-huit doivent se revoir pour désigner le futur Haut représentant de l'UE. Matteo Renzi n'a donc que trois jours pour maintenir Mme Mogherini et prendre le risque d'obtenir un poste moins important pour son pays ou bien soumettre un nouveau candidat. En juin, certains médias italiens avaient d'ailleurs relaté des rumeurs selon lesquelles M. Van Rompuy verrait d'un bon oeil l'arrivée d'Enrico Letta au Conseil européen, mais M. Renzi ne veut pas voir revenir l'ancien président du Conseil italien aux manettes, selon la presse italienne.

Calendrier des auditions maintenu ?

Cet imbroglio va-t-il contraindre le Parlement européen à retarder les auditions de commissaires, actuellement prévues pour la seconde moitié de septembre ? Officiellement, le calendrier est toujours inchangé. Le président de la Commission présentera fin août ou début septembre son équipe de commissaires, ce qui rend toujours tout à fait possible l'organisation des « auditions à la mi-septembre, le vote sur le collège entier en octobre en plénière et l'entrée en fonction de la nouvelle Commission à compter du 1er novembre », assure l'entourage du Luxembourgeois. (SP)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
CULTURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE