Bruxelles, 17/07/2014 (Agence Europe) - Selon la dernière version de la communication sur l'efficacité énergétique que la Commission doit présenter le 23 juillet, en vue de l'adoption, en octobre, du cadre Énergie/Climat 2030, la Commission envisage un objectif maximum de 29% pour l'efficacité énergétique.
En se basant sur l'analyse des actions des États membres et de prévisions supplémentaires, l'exécutif européen estime désormais que l'UE va réaliser des économies d'énergie d'environ 18% à 19% en 2020. « Si tous les États membres travaillent maintenant tous dur pour mettre en oeuvre la législation adoptée, l'objectif de 20% peut être atteint sans la nécessité de mesures supplémentaires », explique la Commission.
Concernant l'horizon 2030, la Commission a proposé, en janvier, des objectifs contraignants de 40% pour les réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) et d'au moins 27% pour la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique primaire de l'UE (EUROPE 11002). Pour l'efficacité énergétique, la Commission a alors identifié qu'un bon rapport coût-efficacité de l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 nécessiterait des économies d'énergie de l'ordre de 25%.
Cependant, compte tenu des nouvelles préoccupations pour la sécurité énergétique, à la lumière de la crise ukrainienne, la Commission juge « approprié de proposer un objectif plus ambitieux », dont l'amplitude n'est pas encore exactement définie dans le projet de communication, mais qui resterait dans la vingtaine au maximum. Cet objectif se situerait entre 27% et 29% inclus, selon une source proche du dossier. « Cela va accroître les coûts du cadre 2030 » d'un montant annuel en milliards d'euros encore non fixé dans la dernière version de la communication, « mais cela offrirait encore des gains qui dépassent ces coûts supplémentaires en plus de stimuler une croissance supplémentaire et de créer des nouveaux emplois dans le secteur de l'efficacité énergétique », précise la Commission.
Dans un chapitre sur la compétitivité de l'UE, la communication mentionne le système d'échange de quotas d'émissions (ETS) comme le principal outil pour conduire à des améliorations en matière d'efficacité énergétique et de réductions de GES dans l'industrie et pour garantir la prévisibilité réglementaire. L'efficacité énergétique dans les bâtiments et les transports reste la clé pour réduire la facture des ménages.
Lors de son discours d'investiture devant le Parlement européen, le 15 juillet, le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit favorable à un objectif contraignant d'au moins 30% pour l'efficacité énergétique d'ici 2030. « C'est pour moi le minimum si nous voulons être crédibles et tournés vers l'avenir. L'Europe ne peut pas prétendre être le leader dans la lutte contre le réchauffement climatique, sans se deviner plus efficace dans l'utilisation de l'énergie, notamment dans le bâtiment », a-t-il précisé. (EH)