Milan, 17/07/2014 (Agence Europe) - C'est un pari qui séduit de plus en plus l'UE: en favorisant l'économie 'verte', grâce notamment à des modifications des régimes fiscaux et une réorientation du financement européen, de nouveaux emplois pourraient être créés, au moyen d'une croissance durable. Cette nouvelle stratégie a été au centre des discussions d'une réunion atypique, puisque la première du genre, qui a rassemblé en même temps les ministres européens de l'Environnement et ceux en charge du Travail, jeudi 17 juillet, à Milan (Italie).
Cette nouvelle approche, qui doit, en théorie, amener à une « transformation structurelle » de l'économie européenne, se base sur plusieurs communications rédigées par la Commission européenne et présentées au début du mois de juillet (EUROPE 11113). À terme, cela devrait mener à la création de 600 000 emplois, selon les prévisions de la Commission. Mais, comme l'a remarqué le commissaire Laszlo Andor (Emploi), lors d'une conférence de presse, jeudi 17 juillet, cette « transformation » représente autant de défis que d'opportunités.
Deux chiffres ont tracé la voie pour les discussions: quatre millions d'emplois ont été créés dans le secteur de l'économie 'verte' entre 2002 et 2011, dont un quart durant les années de la crise économique et financière. Selon le ministre italien de l'Environnement, Gian Luca Galletti, c'est la meilleure illustration d'un secteur créateur d'emplois de qualité, qui résistent de surcroît aux tempêtes économiques. Ce fait étant établi, la question sur laquelle se sont penchés les ministres a été de savoir comment favoriser ce secteur, pour qu'il embauche davantage et à un rythme plus soutenu.
Au coeur des discussions se sont retrouvées les différentes mesures proposées dans l'initiative pour les emplois 'verts', qui est l'une des communications présentées au début du mois de juillet. Selon M. Galletti, ce sont les régimes fiscaux qui constituent la question la plus délicate. Aujourd'hui, les plus importantes charges fiscales d'une entreprise sont représentées par les « ressources » et l'emploi. Avec la nouvelle stratégie 'verte', l'idée est de concentrer ces charges sur les ressources rares et de les diminuer sur le travail. Cela devrait accroître l'efficacité dans l'exploitation de ces ressources et pousser les entreprises à utiliser des ressources plus propres. Ce schéma vertueux déboucherait finalement sur un environnement fiscal propice à la montée en puissance de l'économie 'verte', qui créerait ainsi de nouveaux emplois, a résumé le commissaire Janez Potocnik (Environnement). Toute la difficulté consiste toutefois à trouver un équilibre qui garantisse des revenus fiscaux stables pour les États membres, selon M. Galletti. Un tel changement engendrera forcément d'importantes conséquences pour les marchés du travail. Si le ministre italien Giuliano Poletti (Travail) a assuré que les emplois 'verts' ne vont pas remplacer les emplois traditionnels, il reste néanmoins le problème d'assurer au mieux une telle transition pour les travailleurs. Sur ce point, le Fonds social européen (FSE) pourrait être mobilisé, a remarqué M. Andor, afin de soutenir des programmes de formation et d'apprentissage pour modifier et accroître les compétences des travailleurs. Les systèmes publics d'emploi devront naturellement suivre et auront besoin de s'adapter. L'ensemble de ce débat est lié aux deux difficultés auxquelles doivent faire face les ministres du Travail et de l'Environnement dans la poursuite des objectifs fixés par la stratégie EUROPE 2020. En effet, selon les prévisions, l'objectif d'assurer un emploi à 75% de la population active dans l'UE ne sera pas atteint d'ici à 2020. Le résultat pourrait se situer aux alentours de 72%. De même, l'un des trois sous-objectifs pour le « changement climatique et les énergies durables » - augmenter de 20% l'efficacité énergétique - pourrait, lui aussi, ne pas être atteint. Ainsi, le but de ces discussions à Milan a été d'intégrer la réflexion sur l'économie 'verte' dans le cadre de la révision en cours de la stratégie EUROPE 2020, qui est elle-même couplée au débat sur la réforme du processus du 'Semestre européen'. (JK)