Milan, 17/07/2014 (Agence Europe) - 4,2 millions d'emplois verts créés dans l'UE entre 2002 et 2011, soit en période de crise. Sur la base de ce constat prometteur, une étape politique décisive a été franchie, jeudi 17 juillet à Milan, vers la reconnaissance du rôle crucial des politiques environnementales dans la croissance et l'emploi en Europe, à l'occasion du tout premier Conseil informel Environnement/Affaires sociales.
Tous l'ont souligné à l'issue de la cette session inédite des ministres de l'Environnement et de leurs collègues à l'Emploi, dédiée, jeudi, à la croissance et aux emplois verts et à laquelle ont été associés les représentants de la société civile (voir autre nouvelle et EUROPE 11122, 11121). De même, tous se sont félicités de la revendication légitime, formulée la veille par les seuls ministres de l'Environnement des Vingt-huit, que cette reconnaissance se reflète tant dans la gouvernance du Semestre européen que dans la révision de la stratégie EUROPE 2020 'pour la croissance durable intelligente et inclusive' en se donnant les moyens de réussir le découplage entre croissance économique, utilisation des ressources et impacts environnementaux négatifs
Les ministres de l'Environnement des 28 sont en effet déterminés à ce que l'UE renforce la dimension environnementale de cette stratégie. Ils considèrent que son réexamen à mi- parcours, prévu en mars 2015, offre une opportunité unique d'intégrer davantage et de manière plus cohérente les objectifs environnementaux et économiques, faute de quoi l'efficacité des ressources, nouvel étendard de l'UE, restera lettre morte. Ce faisant, ils ont jeté les bases de leur contribution à la préparation de l'examen annuel de croissance 2015 et au réexamen à mi-parcours de la stratégie EUROPE 2020.
« La politique de l'environnement veut faire partie intégrante des politiques du travail au niveau européen. Il reviendra au Conseil Environnement du 28 octobre prochain de traduire concrètement les indications dans des conclusions politiques destinées à revisiter la gouvernance du semestre européen. », a déclaré à la presse Gian Luca Galletti, président du Conseil Environnement. Et d'ajouter: « Nous demanderons aux chefs d'État de placer l'environnement parmi les grandes priorités, sur le même pied que l'économie et l'emploi. C'est un changement de paradigme, de modèle. La politique de l'environnement n'avait jamais été vue comme un moteur de croissance ». Cette première session conjointe est, selon lui, « une opération réussie » qui délivre « un message culturel et politique, un message de changement total ».
Tous sont d'accord pour dire qu'il faut anticiper le changement structurel. Une approche holistique adoptée par la Commission dans son paquet d'initiatives en faveur de l'économie circulaire. Nous avons l'intention d'introduire dans la Stratégie EUROPE 2020 un objectif de productivité des ressources ; « les ressources et la main-d'oeuvre méritent davantage d'attention, car ils ont une influence considérable sur la productivité ».
Soutien à un objectif d'efficacité des ressources. La transition vers une économie verte, sobre en carbone, résiliente au changement climatique et efficace dans l'utilisation de ses ressources exige que l'on tourne le dos aux dépenses dans les ressources au profit des dépenses dans des équipements innovants à forte valeur ajoutée et dans les techniques de recyclage, de réutilisation. Janez Potocnik, commissaire à l'Environnement, a rappelé que cette transition vers le 'zéro déchets' est à la base du paquet d'initiatives sur l'économie circulaire présenté par la Commission le 2 juillet dernier pour maximiser les opportunités d'emplois dans l'économie verte (EUROPE 11113). Il a fait état d'un soutien majoritaire des États membres à un objectif politique d'efficacité des ressources assorti d'un indicateur (l'indice de consommation de matières premières rapport au PIB) « non contraignant, non sectoriel ».
La veille, Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, avait rappelé: « Aujourd'hui, l'Europe emploie 4,2 millions de personnes dans le secteur des éco-industries. C'est l'un des secteurs dans lesquels l'emploi a constamment augmenté, même pendant la crise ».
Giuliano Poletti , ministre italien du Travail et président en exercice du Conseil Emploi et Affaires sociales, s'est réjoui du consensus trouvé sur la nécessité d'engager le processus de transition vers l'économie verte, sobre en carbone, « de bien gérer cette transition et de bien gérer le marché du travail dans ce processus ». Il a assuré que cette réunion inédite 'sur la mutation écologique de l'économie et de la production', qui a permis de dégager des « réflexions consensuelles sur la méthode », serait la première d'une longue série, afin que les ministres du Travail et de l'Environnement promeuvent auprès des ministres de l'Éducation et de l'Économie des dialogues sur « le travail et l'éducation, le travail et l'économie ». Il a souligné l'importance d'oeuvrer à l'efficacité énergétique et à l'efficacité des matières premières pour rompre avec les vieilles habitudes qui ont privilégié la productivité du travail au détriment de la productivité des énergies et des ressources. Ce changement de paradigme exigera le transfert de la charge fiscale pesant sur le travail vers le volet énergétique (voir autre nouvelle dans ce bulletin). (AN)