Bruxelles, 30/06/2014 (Agence Europe) - La Cour des comptes européenne a appelé, lundi 30 juin, le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) à accroître son efficacité et à faire davantage pour l'Union européenne et ses citoyens, considérant qu'il n'était pas à la hauteur de son potentiel.
Reconnaissant que la mise en place du service avait eu lieu dans un environnement difficile (contraintes financières et crises aux frontières), la Cour a précisé que cette mise en place avait été « menée précipitamment et mal préparée ». « Le SEAE est un service extérieur opérationnel de l'UE, mais il pourrait mieux travailler avec des arrangements financiers et administratifs plus efficaces ainsi qu'avec une coopération plus étroite avec le corps diplomatique des États membres », a expliqué le responsable de la Cour des comptes responsable du rapport sur la mise en place du Service européen pour l'action extérieure, Szabolcs Fazakas. Si la coopération avec les États membres s'est améliorée, elle peut encore être renforcée afin d'exploiter les synergies, comme l'échange d'informations ou le regroupement dans des locaux communs, de même qu'avec les services consulaires, y compris la protection des citoyens de l'UE, selon les auditeurs. Concernant les services consulaires, le SEAE a précisé, dans sa réponse à la Cour, que des contacts bilatéraux avec les États membres avaient eu lieu pour comprendre leurs besoins et attentes spécifiques. « Tout progrès dans ce domaine est subordonné à un accord des États membres », a rappelé le Service et alors que les avis divergent entre les 28.
Dans son rapport, la Cour des comptes met en avant une coopération entre le SEAE et la Commission européenne efficace seulement en partie, notamment en raison de mécanismes de coopération « inefficaces au sommet de la hiérarchie et de la rigidité du cadre financier et administratif dans les délégations ». Elle souligne aussi que « le SEAE devrait clarifier ses objectifs, tâches et compétences, rationaliser sa structure organisationnelle et simplifier le cadre administratif dans lequel il opère ». Il devrait aussi développer sa planification globale pour renforcer la cohérence interne de ses activités et mieux les connecter avec le programme de travail annuel de la Commission et le programme du trio des présidences tournantes. La Cour souhaite aussi que soit révisé le fonctionnement des Représentants spéciaux pour qu'ils soient plus intégrés dans le travail du SEAE, tout comme des améliorations dans les procédures de recrutement.
Le Service devrait aussi examiner avec les États membres et la Commission la nécessité et la faisabilité d'élaborer un nouveau cadre stratégique global pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, ajoutent les auditeurs. Une proposition sur laquelle le SEAE s'est dit « pas convaincu par la nécessité et la faisabilité d'un nouveau cadre stratégique global ». Mais il s'est dit prêt à réexaminer la question avec le Conseil et la Commission « dans le futur ».
De façon plus générale, le porte parole de la Haute Représentante, Catherine Ashton, Michael Mann a précisé que les recommandations faites pour la Cour ont aussi été identifiées dans le rapport présenté par la Haute Représentante en juillet 2013 (EUROPE 10898)
Le SEAE est devenu officiellement opérationnel le 1er Janvier 2011. Pour 2014, il dispose d'un budget de 519 millions d'euros, divisé entre le siège (41%) et des délégations (59%).
Le rapport de la Cour des comptes est disponible à la page:
http://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR14_11/SR14_11_EN.pdf (CG)