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Bulletin Quotidien Europe N° 11111
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) mer

Plaidoyer en faveur de la protection de la haute mer

Bruxelles, 30/06/2014 (Agence Europe) - La haute mer doit être déclarée zone protégée pour pouvoir se régénérer: c'est l'appel lancé lundi 30 juin à Bruxelles lors d'une conférence organisée par la Commission européenne et la 'commission océan mondial' sur la sauvegarde des océans. (EUROPE 11107).

« Il faut adopter des règles appropriés pour protéger les océans », a déclaré Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Pêche, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Elle a plaidé pour une réforme de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, « qui a trente ans d'âge ». L'année prochaine, les Nations unies vont discuter de la possibilité de conclure un accord en matière d'application de la convention des Nations unies sur le droit de la mer et « je salue les travaux effectués en la matière par la commission 'océan mondial' », a ajouté la commissaire. « Nous ne pouvons plus nous permettre de tolérer qu'une grande partie de l'océan soit une sorte de no man's land sans foi ni loi », a lancé la commissaire, en référence à la haute mer et aux travaux de cette commission 'océan mondial'. Elle a rappelé que l'UE a indiqué la voie à suivre au cours des dernières années. « Nous avons besoin d'une coopération internationale. Je suis ravi que le gouvernement américain soit disposé à travailler avec nous et avec d'autres pays dans le monde, en Afrique ou Asie », a ajouté Mme Damanaki.

Trevor Manuel, co-président de la commission 'océan mondial', a rappelé certaines des recommandations de cette instance créée il y a 18 mois. « Il faut procéder à une évaluation de la situation afin de comprendre le degré de dégradation » des océans, a-t-il expliqué, avant de citer certaines propositions: - fixer un objectif spécifique de santé des océans dans les objectifs de l'ONU, qui feront suite, après 2015, aux objectifs du millénaire; - lancer un appel en faveur d'une gouvernance différente (le système des Nations unies est bien trop complexe, il y a trop d'organes et personne n'est responsable des décisions prises concernant les océans) ; - 10 ou 12 pays pêchent en haute mer (dont certains font partie de l'Union européenne) et la flotte de ces pays arrive dans ces zones, car elle est subventionnée par des fonds publics. De plus, lorsque ces bateaux se trouvent en haute mer, « plus personne ne sait ce qui se passe. Donc, nous demandons plus de transparence en ce qui concerne les subventions. Il faut peut-être essayer de les éliminer et essayer d'obtenir les mêmes règles pour tous », a souligné Trevor Manuel ; - chaque bateau de pêche doit avoir un numéro d'identification unique (il faut des transpondeurs sur les bateaux), il faut éviter les transbordements en haute mer et il faut de mesures de contrôle dans les ports ; - il faut renforcer la traçabilité des produits de la mer.

José María Figueres, co-président, lui aussi, de la commission 'océan mondial', a évoqué d'autres propositions: on s'attend à 33 milliards de tonnes de plastique dans les mers en 2015 (or, une bonne partie de ces plastiques affecte le fond des mers). Il faut donc un programme pour éviter que ces produits se retrouvent dans les mers. 33% du pétrole et 25% du gaz proviennent de l'océan, il faudrait donc, selon lui, prévoir des règles de responsabilité en cas d'accident. Sans mise en œuvre des recommandations, il faudrait envisager de fermer à la pêche industrielle certaines zones situées en haute mer, a même déclaré José María Figueres.

Mme Damanaki a précisé, en répondant à la presse, que ce type de subventions de l'Union européenne (aides au carburant en haute mer) sera interdit en vertu de la nouvelle politique commune de la pêche (PCP) et du nouveau FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche) portant sur les années 2014-2020.

Pascal Lamy aussi

L'ancien directeur de l'OMC, Pascal Lamy, a participé lui aussi aux travaux de cette commission 'océan mondial'. Dans une tribune, M. Lamy précise que « le progrès de la science nous dit que la moitié de la productivité biologique de l'océan a lieu en haute mer et qu'elle stocke 500 millions de tonnes de carbone par an ». Il parle notamment du compte d'exploitation de la pêche au chalut en haute mer: 600 millions de dollars de revenus, 60 millions de profits et... 150 millions de subventions. « Le consommateur paie donc le poisson deux fois: chez le poissonnier et chez le percepteur ». Parmi les mesures « importantes » prônées par la commission océan, Pascal Lamy cite: - une réforme de la gouvernance des océans ; - une obligation pour les États de rendre publiques les subventions à la pêche et de geler, puis d'éliminer les subventions au carburant en haute mer (ceci pour, dit-il, « préserver la pêche artisanale côtière, essentielle dans l'alimentation des communautés les plus pauvres ») ; - un programme anti-rejets de plastique s'adressant directement aux citoyens ; - une évaluation indépendante de l'ensemble des impacts de l'exploitation des ressources minérales ou halieutiques durant les cinq prochaines années (« au cas où elle révélerait une poursuite des tendances actuelles, la haute mer serait déclarée zone protégée par la communauté internationale afin d'en permettre la régénération »). (LC)

 

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