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Bulletin Quotidien Europe N° 11111
INSTITUTIONNEL / (ae) avenir de l'ue

Le Conseil européen définit cinq priorités pour l'UE

Bruxelles, 30/06/2014 (Agence Europe) - Le Conseil européen a fixé un cap pour le travail législatif au cours des cinq prochaines années, sans entrer dans le détail des mesures à prendre.

Après le Conseil européen, vendredi 27 juin, Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a listé les cinq priorités retenues et déclaré que ce programme stratégique visait à réaliser ce que le peuple attend de l'UE, et accorde une attention particulière aux priorités économiques.

« Il y a eu (autour de la table du Conseil européen) un large consensus sur le fait que nous devons, simultanément, continuer sur la voie des réformes et de la consolidation budgétaire et réaliser les investissements nécessaires pour l'avenir. Les deux sont essentiels pour une économie saine. Pour équilibrer la discipline budgétaire avec le besoin de soutenir la croissance, le cadre budgétaire existant de l'UE offre des possibilités qui devraient être utilisées », a souligné M. Van Rompuy. Et le président du Conseil européen de tenter d'expliquer l'importance d'utiliser la flexibilité du pacte de stabilité et de croissance, sans le réformer: « Nous sommes attachés au Pacte de stabilité et de croissance. Il s'agit de faire un meilleur usage de la flexibilité prévue dans les règles actuelles du pacte de stabilité et de croissance » (voir EUROPE 11110).

Le Conseil européen a fixé cinq grandes priorités qui guideront les travaux de l'Union européenne au cours des cinq prochaines années: des économies plus robustes créant davantage d'emplois; des sociétés à même de donner à tous les citoyens les moyens de réaliser leurs aspirations et d'assurer leur protection; un avenir énergétique et climatique sûr; un espace de libertés fondamentales qui inspire la confiance; et une action conjointe efficace dans le monde, peut-on lire dans ce document. Qui ajoute: « même si la reprise en Europe s'accélère, le chômage - en particulier celui des jeunes - demeure notre principale préoccupation et les inégalités augmentent ».

Une Union de l'emploi, de la croissance et de la compétitivité. Le document souligne qu'il reste d'importants défis à relever: croissance atone, chômage élevé, investissements publics et privés insuffisants, déséquilibres macroéconomiques, dette publique élevée et compétitivité trop faible L'UE doit donc prendre des mesures « audacieuses » pour stimuler la croissance, accroître les investissements, créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et encourager les réformes en faveur de la compétitivité. « À cet effet, il faut aussi utiliser au mieux la flexibilité qu'offrent les règles actuelles du Pacte de stabilité et de croissance ». Les priorités retenues sont donc les suivantes: 1) exploiter pleinement le potentiel du marché unique dans toutes ses dimensions (en achevant le marché intérieur des produits et des services, en achevant le marché unique numérique d'ici 2015); 2) promouvoir un climat favorable à l'esprit d'entreprise et à la création d'emplois, notamment pour les PME (en facilitant l'accès au financement et à l'investissement, en améliorant le fonctionnement des marchés du travail et en allégeant la pression fiscale qui pèse sur le travail) ; 3) investir et préparer nos économies pour l'avenir (en répondant aux besoins qui existent « depuis longtemps » en matière d'investissement dans les infrastructures de transport, d'énergie et de télécommunications ainsi que dans le domaine de l'efficacité énergétique, de l'innovation et de la recherche); 3) renforcer l'attractivité de l'Union à l'échelle mondiale en tant que lieu de production et d'investissement doté d'une base industrielle solide et compétitive et d'une agriculture prospère, et mener à bien les négociations concernant les accords commerciaux internationaux, au bénéfice réciproque de toutes les parties et dans un esprit de transparence, y compris le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, d'ici 2015; 4) faire de l'Union économique et monétaire un facteur plus solide de stabilité et de croissance (gouvernance renforcée de la zone euro ; coordination, convergence et solidarité accrues en matière de politique économique, « tout en respectant l'intégrité du marché intérieur et en préservant la transparence et l'ouverture à l'égard des pays ne faisant pas partie de la zone euro »).

Une Union à même de donner à tous ses citoyens les moyens de réaliser leurs aspirations et d'assurer leur protection. Selon le document, l'UE doit continuer de faire ce qu'elle fait le mieux et d'ouvrir des perspectives, mais elle doit aussi être perçue et ressentie comme une source de protection.

Dans le respect des compétences des États membres, « qui sont responsables de leurs systèmes de protection sociale », les priorités que nous fixons pour l'Union dans ce domaine sont les suivantes: 1) contribuer à développer les compétences, à libérer les talents et à ouvrir des perspectives pour tous (notamment en intensifiant la lutte contre le chômage des jeunes, en particulier ceux qui ont abandonné leurs études, perdu leur emploi ou ne suivent pas de formation, en facilitant la mobilité professionnelle et en « protégeant le droit de tous les citoyens de l'UE de circuler librement dans les autres États membres », d'y résider et d'y travailler (…) y compris en luttant contre « d'éventuelles utilisations abusives ou frauduleuses ») ; 2) garantir l'équité (en luttant contre l'évasion et la fraude fiscales).

Vers une union de l'énergie dotée d'une politique en faveur du climat tournée vers l'avenir. « Nous devons éviter que l'Europe soit si fortement dépendante des importations de combustibles fossiles et de gaz », lit-on dans le document. Afin de maîtriser complètement « notre avenir énergétique, nous voulons mettre en place une union de l'énergie visant à assurer la disponibilité d'une énergie financièrement abordable, sûre et durable ». L'efficacité énergétique est fondamentale, rappelle le Conseil européen (« l'énergie la moins chère et la plus propre est celle qui n'est pas consommée »). Pour relever ce défi, nos politiques en matière d'énergie et de climat pour les cinq prochaines années doivent se concentrer sur les points suivants: 1) une énergie financièrement abordable pour les entreprises et les citoyens: en modérant la demande énergétique grâce à une efficacité énergétique accrue; en achevant notre marché intégré de l'énergie; en trouvant des moyens d'accroître le pouvoir de négociation de l'Union; en renforçant la transparence sur le marché du gaz; en renforçant la recherche, le développement et la base industrielle européenne dans le domaine de l'énergie ; 2) une énergie sûre pour tous nos pays: en accélérant la diversification des sources et des voies d'approvisionnement énergétique, y compris au moyen de sources d'énergie renouvelables, sûres et durables et d'autres sources locales, afin de réduire la dépendance énergétique, notamment à l'égard d'une seule source ou d'un fournisseur unique; en développant les infrastructures nécessaires, telles que les interconnexions; en fournissant aux acteurs privés et publics un cadre de planification qui leur permette de prendre des décisions d'investissement à moyen et long terme ; 3) une énergie verte: en continuant d'être aux avant-postes de la lutte contre le réchauffement de la planète, dans la perspective de la session de la Conférence des Parties des Nations unies qui se tiendra en 2015 à Paris, et au-delà de cette échéance, notamment en fixant des objectifs ambitieux pour 2030, qui soient pleinement compatibles avec l'objectif que l'UE a arrêté pour 2050.

Une union de la liberté, de la sécurité et de la justice. Compte tenu de leur dimension transfrontière, des phénomènes tels que le terrorisme et la criminalité organisée nécessitent une coopération plus étroite au niveau de l'UE. Il en va de même dans le domaine de la justice, dans la mesure où de plus en plus de citoyens étudient, travaillent, font des affaires, se marient et fondent une famille dans d'autres pays de l'Union que le leur. Un autre défi qu'il faudra relever au cours des années à venir consistera à gérer les flux migratoires, qui s'amplifient du fait de l'instabilité et de la pauvreté qui règnent dans de nombreuses régions du monde et en raison des tendances démographiques (« solidarité et partage équitable des responsabilités seront nécessaires pour y parvenir »). Les actions préconisées sont: 1) une meilleure gestion des migrations, sous tous leurs aspects (en remédiant aux pénuries de compétences spécifiques et en attirant les talents, en gérant de manière plus rigoureuse les migrations irrégulières, notamment grâce à une meilleure coopération avec les pays tiers, y compris en matière de réadmission, en assurant la protection des personnes qui en ont besoin au moyen d'une politique forte en matière d'asile, en renforçant et en modernisant la gestion des frontières extérieures de l'Union) ; 2) la prévention de la criminalité et du terrorisme ainsi que la lutte contre ces phénomènes (en réprimant la criminalité organisée, telle que la traite des êtres humains, le trafic de migrants et la cybercriminalité, en luttant contre la corruption, en combattant le terrorisme et la radicalisation, tout en veillant au respect des valeurs et des droits fondamentaux, notamment la protection des données à caractère personnel) ; 3) une coopération judiciaire renforcée entre nos pays (en jetant des passerelles entre les différents systèmes et traditions judiciaires, en renforçant les outils communs, notamment Eurojust, en assurant la reconnaissance mutuelle des décisions, de manière à ce que les citoyens et les entreprises puissent plus facilement exercer leurs droits dans toute l'Union).

L'Union, un acteur mondial de premier plan. Dans notre voisinage au sens large, l'instabilité a atteint un niveau sans précédent, admet le Conseil européen. Dans le même temps, il n'a jamais été aussi important de nouer un dialogue avec nos partenaires sur des questions d'intérêt mutuel ou international. Les priorités suivantes en matière de politique étrangère seront donc décisives dans les années à venir: 1) utiliser au mieux notre influence (notamment en renforçant la coordination et la cohérence entre les principaux domaines de l'action extérieure de l'UE, tels que le commerce, l'énergie, la justice et les affaires intérieures, le développement ainsi que la politique économique) ; 2) être un partenaire solide vis-à-vis de nos voisins (en œuvrant en faveur de la stabilité, de la prospérité et de la démocratie dans les pays les plus proches de l'Union, sur le continent européen, autour de la Méditerranée, en Afrique et au Proche-Orient ; 3) coopérer, sur un plan bilatéral et dans les enceintes multilatérales, avec nos partenaires stratégiques mondiaux, en particulier nos partenaires transatlantiques, sur un large éventail de questions, allant du commerce et de la cybersécurité aux droits de l'homme et à la prévention des conflits, en passant par la non-prolifération et la gestion des crises. 4) développer la coopération en matière de sécurité et de défense de manière à être à la hauteur de nos engagements et de nos responsabilités partout dans le monde (en renforçant la politique de sécurité et de défense commune, en pleine complémentarité avec l'OTAN, en veillant à ce que les États membres maintiennent et développent les capacités civiles et militaires nécessaires, notamment par la mutualisation et le partage des ressources et en renforçant l'industrie européenne de la défense). (LC)

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