Bruxelles, 24/06/2014 (Agence Europe) - Le pétrolier autrichien OMV et le gazier russe Gazprom ont signé, en marge de la visite du président russe, Vladimir Poutine, auprès du chancelier autrichien, Werner Faymann, mardi 24 juin à Vienne, un accord de participation au consortium chargé de construire le tronçon autrichien du projet de gazoduc South Stream. Il est attendu que ce tronçon autrichien, long de 50 kilomètres et d'une capacité annuelle de 30 à 32 milliards de mètres cubes, soit opérationnel début 2017.
« South Stream est soutenu par des grandes entreprises énergétiques. L'accord avec OMV sous-tend notre engagement à établir cette nouvelle voie européenne de transport gazier. South Stream offrira des garanties supplémentaires de fiabilité et de flexibilité des livraisons de gaz russe vers les marchés européens », commente le patron de Gazprom, Alexeï Miller, dans un communiqué. « Cet accord amène à un niveau supérieur notre partenariat vieux de près de 50 ans. Avec South Stream, Gazprom et OMV garantissent la sécurité de l'approvisionnement pour l'Europe, en particulier pour l'Autriche », renchérit le patron d'OMV, Gerhard Roiss, insistant sur le rôle de Baumgarten comme une « plaque tournante clé du gaz en Europe ».
Sur fond de crise ukrainienne et de différend gazier entre Moscou et Kiev, South Stream est l'objet d'un bras de fer entre la Commission et le gouvernement russe, l'exécutif européen considérant que le projet, auquel prennent part l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Slovénie plus la Serbie, ne respecte pas la législation européenne sur le marché intérieur et en matière de concurrence.
L'exécutif européen a déjà ouvert, début juin, une procédure d'infraction contre la Bulgarie, visant sa procédure d'octroi de marchés publics dans le cadre des travaux de construction du tronçon de South Stream sur le territoire bulgare, et demandé la suspension des travaux. D'autres procédures d'infraction contre d'autres pays prenant part à South Stream pourraient suivre, a menacé plusieurs fois la Commission en juin.
Mardi, M. Miller a assuré avoir un « dialogue constructif » avec la Commission, précisant qu'il avait un contact téléphonique une fois par semaine avec le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger. « Les grands projets ont toujours un problème ou un autre qui doit être résolu », a-t-il commenté devant la presse, en référence à l'arrêt des travaux en Bulgarie. Le futur gazoduc « est dans les temps », a-t-il ajouté. M. Roiss a insisté sur l'importance du projet South Stream. « Il n'y a pas d'alternative pour l'Europe à l'importation de gaz en provenance de Russie. Il doit être clair pour nous que l'Europe a besoin du gaz russe », a-t-il jugé.
Piloté par Gazprom, avec la participation de l'italien ENI et du français EDF, South Stream vise à relier la Russie à la Bulgarie sous la mer Noire, en contournant l'Ukraine, pour desservir le marché européen via deux branches: l'une, au sud, vers l'Italie en passant par la Grèce ; l'autre, au nord, vers l'Autriche, la Croatie et la Slovénie, en passant par la Serbie et la Hongrie. (EH)