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Bulletin Quotidien Europe N° 11107
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) albanie

Le Conseil octroie le statut de candidat à l'Albanie

Luxembourg, 24/06/2014 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales a décidé, mardi 24 juin, d'accorder le statut de candidat à l'adhésion à l'UE à l'Albanie. « Conformément à ses conclusions du 17 décembre 2013 (EUROPE 10987), le Conseil se félicite du rapport de la Commission du 4 juin (EUROPE 11094) et, à la lumière de l'examen de la poursuite des progrès de l'Albanie, décide d'accorder à l'Albanie le statut de candidat », ont annoncé les ministres dans leurs conclusions, alors que, la semaine dernière, plusieurs États membres étaient encore circonspects (EUROPE 11104). La décision d'octroi du statut doit désormais être approuvée par les chefs d'État et de gouvernement, les 26 et 27 juin. L'Albanie a déposé sa candidature en avril 2009. « L'Albanie s'est approchée un peu plus de l'UE, une étape importante a été franchie dans le long chemin jusqu'à l'adhésion », a expliqué le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle. Il a précisé que l'octroi du statut devait être perçu comme un encouragement à continuer et adopter les réformes nécessaires pour bien préparer la phase de négociation. Aucune indication sur une date n'a été donnée concernant l'ouverture des négociations d'adhésion.

Si l'Albanie est récompensée pour ses efforts, les ministres ont cependant appelé à de nouveaux et nombreux progrès. « Sans les structures démocratiques, sans un état de droit stable, sans indépendance judiciaire et des mandats, sans un combat cohérent contre la corruption, il ne peut pas y avoir d'adhésion à l'UE », a prévenu le ministre allemand, Michael Roth, avant le Conseil.

Saluant la feuille de route adoptée par l'Albanie sur les priorités clés, le Conseil a invité la Commission, à partir de cette feuille de route, à « intensifier son soutien, son suivi et son évaluation du processus de réforme de l'Albanie, notamment dans le cadre du dialogue de haut niveau sur les priorités et en étroite interaction avec les États membres ». Selon les ministres, la Commission devrait se concentrer sur l'obtention de « résultats concrets » sur les priorités mises à jour « sur la base d'objectifs et d'échéanciers crédibles et mesurables, avec des données et des statistiques fiables ». Les ministres ont aussi demandé à la Commission de « rendre compte, en plus du Paquet élargissement et sur la base des avancées du dialogue de haut niveau, d'une manière complète et détaillée sur les progrès de l'Albanie sur les priorités clés ».

Les ministres se sont accordés sur des critères très précis. Ainsi, le pays va devoir « agir de manière décisive sur toutes les recommandations contenues dans le rapport de la Commission et intensifier ses efforts pour assurer une mise en oeuvre durable, globale et inclusive des priorités ». Le Conseil cite en particulier la réforme de l'administration publique et du système judiciaire, la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, la protection des droits de l'homme et les politiques anti-discriminations, notamment dans le domaine des minorités et de l'égalité de traitement, et la mise en oeuvre des droits de propriété.

La corruption et le crime organisé sont particulièrement pointés du doigt par le Conseil. Pour les ministres, il est important que Tirana intensifie ses efforts de lutte contre la corruption et mette en oeuvre sa stratégie de lutte contre la corruption et le plan d'action. L'Albanie doit aussi renforcer la coopération entre les organismes d'application de la loi et établir de solides antécédents sur les enquêtes, les poursuites et les condamnations dans des affaires de corruption et le crime organisé, notamment le crime organisé concernant l'immigration, l'utilisation de documents frauduleux, le blanchiment d'argent, la culture de drogue et le trafic d'êtres humains. Le Conseil a également souligné l'importance de renforcer l'indépendance, la transparence et la responsabilisation du système judiciaire, « notamment pour assurer une plus grande sécurité juridique pour les opérateurs économiques et accroître la confiance des investisseurs ».

Les ministres ont demandé à l'Albanie de renforcer son soutien à la réduction « rapide » des pressions migratoires sur l'UE. Ils mettent notamment en avant la poursuite des efforts pour assurer le respect de toutes les conditions de la feuille de route sur les visas et l'adoption de nouvelles mesures pour régler la question des demandes d'asile non fondées de ressortissants albanais.

Le Conseil a rappelé qu'un dialogue « durable et continu » entre le gouvernement et l'opposition sur les réformes liées à l'UE restait « un facteur important pour que l'Albanie progresse dans la voie de l'intégration européenne ». (CG)

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