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Bulletin Quotidien Europe N° 11107
INSTITUTIONNEL / (ae) italie

On ne construit pas une communauté de destin qu'avec l'euro, selon M. Renzi

Bruxelles, 24/06/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a présenté mardi 24 juin, devant les députés nationaux, les priorités politiques de l'Italie, qui s'apprête à prendre les rênes du Conseil de l'UE au 1er juillet.

« Jusqu'à présent, on a confié à la monnaie le devoir de construire l'Europe, mais ce raisonnement est incomplet. Il ne suffit pas d'avoir la monnaie unique pour partager un destin », a déclaré M. Renzi. Pointant du doigt « les conservateurs qui ne veulent rien changer à l'UE », il a estimé que « la politique économique et financière des dernières années a certes, d'un côté, mis l'euro à l'abri de situations difficiles, mais n'a pas permis à l'Union européenne de croître et de se renforcer ».

L'ancien maire de Florence a réitéré la position italienne selon laquelle la première priorité de l'action européenne devrait consister à mobiliser toutes les énergies pour stimuler la croissance économique et créer de l'emploi, car « toute l'Italie n'est pas sortie de la crise » (EUROPE 11105). « Soit l'Europe change de direction, soit il n'y aura aucune chance de stimuler la croissance et le développement », a-t-il souligné, assurant que son pays n'avait pas pour but d'enfreindre les règles budgétaires européennes. Outre l'importance pour l'emploi de relancer la machine productive, une croissance accrue permettrait aux pays fortement endettés, comme l'Italie, de respecter plus facilement les engagements en matière de désendettement.

La Commission européenne prévoit un retour de la croissance en Italie en 2014 (+0,6% du PIB contre -1,9% en 2013), ainsi qu'un chômage et une dette publique culminant respectivement à 12,8% de la population active et à 135,2% du PIB. Avec un déficit public contenu (2,6% du PIB), l'Italie ne fait plus l'objet d'une procédure pour déficit excessif.

Samedi dernier, lors d'un sommet à Paris et la veille en marge du Conseil Écofin, plusieurs leaders sociaux-démocrates ont minimisé la volonté de leur famille politique de modifier le Pacte de stabilité soit pour changer les règles de calcul du déficit public en excluant certaines dépenses d'investissement, soit pour donner plus de temps aux pays accomplissant des réformes pour respecter leurs engagements budgétaires (EUROPE 11105 et 11106). La direction privilégiée serait plutôt celle d'utiliser toutes les marges existantes du Pacte. Cette requête appuyée sert notamment de condition au soutien des sociaux-démocrates européens à la candidature du chrétien-démocrate luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la future Commission européenne.

Le Premier ministre italien a estimé que les résultats des récentes élections européennes devaient être perçus comme « une alarme », un pan entier des Européens s'étant abstenu ou ayant plébiscité des partis ouvertement « hostiles » aux politiques menées jusqu'ici. « Celui qui s'imagine que le fossé démocratique sera colmaté simplement en choisissant Jean-Claude Juncker vit sur la planète Mars », a-t-il considéré.

À noter que le sommet pour l'emploi des jeunes, prévu initialement début juillet, a été reporté à la fin de l'année afin, notamment, de disposer du recul nécessaire pour une première évaluation de la mise en oeuvre de la 'Garantie jeunesse' (EUROPE 11057). (MB)

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