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Bulletin Quotidien Europe N° 11107
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) institutionnel

Un sommet pour décider de l'avenir de l'UE

Bruxelles, 24/06/2014 (Agence Europe) - Un président de la Commission et une feuille de route pour les cinq prochaines années. C'est sur ces deux principales avancées que plancheront les Vingt-huit, jeudi 26 et vendredi 27 juin, lors du sommet européen.

Les dirigeants débattront des priorités stratégiques de l'UE pour les prochaines années. Un thème de discussion pas forcément consensuel mais qui devrait l'être davantage que la nomination du président de la Commission européenne, mise au menu du 27 juin, que le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis lui aussi de rendre explosive à sa manière.

En principe, c'est le chrétien-démocrate luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui devrait être proposé par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, aux États membres puis au Parlement européen en vue d'un vote sur son nom mi-juillet à Strasbourg. Mais David Cameron refuse que ce choix soit enterré par un consensus tacite et a encore dit, lundi 23 juin à Herman Van Rompuy à Londres, qu'il attendait que le président du Conseil européen organise un vote sur M. Juncker.

Un choix qui lui revient en effet entièrement. « Le Traité prévoit une règle (la majorité qualifiée), à Herman Van Rompuy de décider et de choisir la procédure », indiquait mardi matin une source européenne. Certains pays, comme la France, n'ont pas l'intention de demander un vote mais décideront sur le moment, si la situation venait à se tendre.

À l'heure actuelle, l'ancien Premier ministre du Luxembourg semble disposer sur le papier d'une nette majorité, seuls le Royaume-Uni et la Hongrie étant ouvertement contre lui. Mais les socialistes et démocrates ne comptent pas signer les yeux fermés et attendent « un équilibre dans les responsabilités, dans le programme », a dit une source d'un grand pays.

Les sociaux-démocrates attendent notamment un retour de faveurs pour les autres postes, dont la présidence du Conseil européen, qui pourrait être évoquée en fin de semaine mais ne devrait faire l'objet d'une décision formelle qu'après l'été, ainsi que sur le programme de travail. Pour la succession d'Herman Van Rompuy sont régulièrement évoqués les noms de la Danoise Helle Thorning-Schmidt, de l'Italien Enrico Letta ou même celui du Français Jean-Marc Ayrault.

Il faudra aussi désigner le futur ou la future Haute représentant(e) de l'UE pour succéder à Catherine Ashton. Sur ce point, les chances du Polonais Radoslaw Sikorski semblent s'être réduites ces derniers jours (voir autre nouvelle), le ministre étant en effet impliqué dans le vaste scandale d'écoutes qui secoue actuellement le pays. Et l'Italien Matteo Renzi lorgnerait aussi le poste, sa ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, étant également vue comme une prétendante à la succession de Lady Ashton. Autre poste qu'il faudra pourvoir d'ici à l'automne, celui du président permanent de l'Eurogroupe.

Mais d'ici là, une autre discussion d'importance attend les Vingt-huit, en l'occurrence celle sur le travail que devra mener la Commission pendant les cinq prochaines années et les réformes à engager. Plusieurs pays ont d'ailleurs préparé leur contribution à cette discussion et ont adressé un document en ce sens à Herman Van Rompuy, qui s'est lui aussi fendu d'un document sur le sujet.

Pour l'Italie, qui veut faire primer le fond, l'Europe a incontestablement besoin d'un « nouveau départ » et doit d'abord éviter toute guerre institutionnelle sur les noms. Parmi les priorités de travail, figurent la croissance et l'emploi qui nécessitent d'agir sur plusieurs fronts: réformes structurelles, achèvement du marché unique. Les flexibilités du Pacte de stabilité et de croissance devront dans ce cadre être étudiées de plus près et éventuellement modifiées si elles encouragent les réformes (voir autre nouvelle).

Sur ce point, l'Italie a la France comme alliée. Le gouvernement socialiste a lui aussi produit sa feuille de route destinée à alimenter le débat. Énumérant une série d'enjeux, entre la croissance, l'emploi pour la jeunesse, l'action extérieure de l'UE, la sécurité ou la réforme du fonctionnement de l'UE, c'est surtout sur le Pacte de stabilité et de croissance que l'attention française se porte, Paris voulant aussi s'assurer de la possibilité d'une « utilisation maximale des flexibilités » offertes. L'immigration et l'énergie sont les autres questions sensibles, tout comme la physionomie de la future Commission. Les ministres des Affaires européennes réunis à Luxembourg en conseil devaient affiner ces priorités mardi soir.

D'autres conclusions sont aussi attendues à l'issue du sommet, notamment sur le Semestre européen, les politiques relatives à la Justice et aux affaires intérieures ou à l'entrée de la Lituanie dans la zone euro.

Partage de la présidence du PE entre les groupes PPE et S&D. À noter que les groupes PPE et S&D au Parlement européen ont confirmé leur accord sur le partage de la présidence du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz devant entamer la première moitié de la législature pour les socialistes, suivi éventuellement par le Français Alain Lamassoure dont le nom circule. Grand perdant des élections, le libéral belge Guy Verhofstadt visait aussi la place et apparaissait comme un candidat informel à la présidence du PE. Le groupe ADLE devait se réunir mardi soir pour évoquer la répartition entre ses membres de ses 'gains': deux commissions, une vice-présidence et trois délégations. (SP)

 

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