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Bulletin Quotidien Europe N° 11104
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurozone

MES, la recapitalisation directe rétroactive politiquement difficile

Luxembourg, 19/06/2014 (Agence Europe) - Il sera techniquement possible, mais « politiquement difficile », pour le Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds de sauvetage permanent de l'eurozone, de recapitaliser directement une banque de manière rétroactive, a estimé Jeroen Dijsselbloem, président du Conseil des gouverneurs du MES, jeudi 19 juin à Luxembourg.

Outre la difficulté politique, le plafond fixé à l'enveloppe prévue pour ce processus (60 milliards d'euros) pourrait également « mettre une contrainte sur ce que nous pouvons faire », a-t-il ajouté. M. Dijsselbloem, qui est aussi ministre des Finances des Pays-Bas et président de l'Eurogroupe, a alors conseillé d'attendre jusqu'à ce qu'un État présente une « demande réaliste en ce sens ».

Le MES a le vent en poupe. Le Mécanisme européen de stabilité a enregistré un profit net de 253,9 millions d'euros, contre une perte de 500 000 euros lors du dernier trimestre de 2012 qui correspondait à ses trois premiers mois d'activité.

Les résultats du rapport annuel du fonds de sauvetage, approuvés à l'unanimité par le Conseil des gouverneurs, ont montré que « nous avons suivi la bonne approche », a estimé M. Dijsselbloem. Et Klaus Regling, directeur général du MES, de poursuivre: « notre stratégie fonctionne », trois des cinq pays sous assistance financière venant tout juste de quitter leur programme d'ajustement macroéconomique (pour l'Espagne, le programme était limité au secteur bancaire). M. Regling a indiqué que les récentes décisions de la BCE affectaient le MES et que le retour sur investissement s'en retrouverait amoindri, bien que déjà limité.

Le rapport du MES quantifie les économies qu'a faites chacun des cinq pays en se finançant auprès du fonds permanent (ou de son prédécesseur, le Fonds FESF) plutôt que sur les marchés financiers. La Grèce a économisé 8,6 milliards d'euros en 2013 ; Chypre, 3,4 milliards ; le Portugal, 1,7 milliard ; l'Irlande, 1,1 milliard et l'Espagne, 0,6 milliard. M. Regling a expliqué la différence entre l'économie réalisée par la Grèce et celles réalisées par les autres pays en insistant sur les sommes colossales mobilisées pour Athènes.

Le directeur général du MES a qualifié de « signe positif » le retour de Chypre sur les marchés internationaux, mercredi 18 juin (EUROPE 11103). Il a toutefois prévenu que les taux d'intérêts observés actuellement sur les titres de dette souveraine des pays de la zone euro ne seraient pas bas pour toujours. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, M. Regling a estimé que le MES se tenait prêt en cas de besoin. (EL)

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