Bruxelles, 19/06/2014 (Agence Europe) - Des efforts restent à faire en matière de sécurité des patients dans l'UE selon plusieurs documents publiés jeudi 19 juin par la Commission européenne. Ces documents font apparaître les progrès réalisés depuis 2012 et mettent en évidence les obstacles à surmonter pour améliorer la situation. Même si des progrès sensibles ont été enregistrés en ce qui concerne l'élaboration de programmes nationaux pour la sécurité des patients et la mise en place des systèmes permettant aux patients de notifier les effets indésirables, il reste encore beaucoup à faire en matière d'autonomisation des patients, ainsi que dans le domaine de l'éducation et de la formation des personnels de santé. Les documents viendront alimenter la réflexion en cours sur les autres mesures à prendre au niveau de l'UE pour améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins. « Lorsque nos concitoyens sont hospitalisés, ils s'attendent à ce que les soins qui leur sont dispensés soient sûrs (…) La plupart des États membres disposent désormais de programmes visant à assurer la sécurité des patients. Par contre, en dépit de ces progrès, des événements indésirables se produisent encore dans les établissements de santé et la sécurité des patients fait rarement partie de la formation du personnel médical. Nous devons donc poursuivre les efforts », a déclaré le commissaire à la Santé, Tonio Borg.
Les documents publiés sont les suivants:
1. Le rapport sur la mise en oeuvre de la recommandation de 2009 relative à la sécurité des patients, Dans le prolongement du rapport de 2012, qui a fait apparaître les progrès accomplis par les États membres, de même que les domaines nécessitant des efforts supplémentaires, le rapport suivant met en évidence les nouveaux progrès réalisés au cours des deux dernières années, notamment en ce qui concerne:
1) l'élaboration de politiques et de programmes visant à assurer la sécurité des patients ; 2) les systèmes de signalement des événements indésirables, en vue de tirer des enseignements des défaillances observées ;
3) l'autonomisation des patients. Pour ce qui est des effets de la recommandation, 21 des 28 pays membres ont indiqué que celle-ci a permis d'aboutir à une plus grande sensibilisation au niveau politique, 20 pays ont souligné qu'elle a permis de faire de même au niveau des établissements de santé et 16 ont signalé qu'elle a débouché sur des mesures concrètes. Le rapport conclut toutefois qu'il est nécessaire de poursuivre les efforts déployés au niveau de l'UE afin d'améliorer encore davantage la sécurité des patients et la qualité des soins, et propose des mesures.
2. L'enquête Eurobaromètre sur la sécurité des patients et la qualité des soins, menée entre novembre et décembre 2013 dans les 28 États membres. Selon celle-ci: 1) un peu plus de la moitié des citoyens pensent que les patients pourraient vraisemblablement subir un préjudice à la suite de soins hospitaliers dans leur pays ; 2) un peu plus d'un quart déclarent qu'ils ou un membre de leur famille avaient connu un événement indésirable dans le cadre de soins de santé ; 3) parmi ces personnes, 46% l'ont signalé contre seulement 28% en 2009 ; 4) dans 37% des cas, « il ne s'est rien produit », mais dans un cas sur cinq la personne a reçu des excuses et l'établissement de santé a fourni une explication de l'erreur commise dans 17% des cas.
3. Les résultats de la consultation publique qui s'est déroulée entre décembre 2013 et février 2014. Celle-ci montre que la société civile continue à penser que la sécurité des patients constitue un problème dans l'UE. D'après les personnes interrogées, les mesures les plus efficaces consistent à intégrer les professionnels de la santé dans toute démarche d'amélioration de la situation, à définir des législations nationales contraignantes, à faire participer les associations de patients et à assurer une bonne coopération européenne sur la question de la sécurité des patients. (IL)