Bruxelles, 16/06/2014 (Agence Europe) - Le négociateur en chef de la communauté chypriote grecque, Andreas Mavroyannis, a souligné, vendredi 13 juin, que s'il n'y a pas encore de résultats tangibles dans les négociations avec la communauté chypriote turque pour la réunification de l'île, même si des propositions sérieuses ont été faites. « Je ne peux pas dire qu'il y ait des résultats tangibles jusqu'à présent, mais des propositions sérieuses ont été présentées », a-t-il expliqué lors d'une conférence à l'European Policy Center.
Le négociateur a expliqué qu'il y avait ou qu'il y aurait bientôt des discussions sur des « questions difficiles », telles que le territoire, le partage du pouvoir, la citoyenneté ou encore l'économie. « Il est important de discuter de toutes les questions en interdépendance », a-t-il précisé. Il a souligné que l'ambition est de pouvoir mettre sur la table des négociations, d'ici la fin du mois de juillet, toutes les propositions sur tous les aspects de toutes les questions. « Tant que tout ne sera pas sur la table et que nous n'aurons pas discuté de tout, nous ne pourrons pas passer à une autre phase » des négociations, a expliqué M. Mavroyannis. Selon lui, les deux parties sont engagées, sérieuses et déterminées et les négociations sont intenses.
M. Mavroyannis a expliqué que certaines questions, telles que « le territoire, la sécurité, les colons » (les Turcs installés dans la partie nord de l'île chypriote), n'avaient jamais été discutées dans les négociations antérieures, même dans le plan Annan.
Le négociateur a mis en avant un point d'achoppement: la présence de troupes turques dans la partie nord de l'île depuis 1974. « Nous ne pouvons pas accepter la présence de troupes étrangères à Chypre et les chypriotes turcs ne peuvent pas envisager une solution sans les troupes turques (…). Ils lient ces troupes à un sentiment de sécurité, nous à celui de l'insécurité », a-t-il expliqué. Selon lui, la Turquie est plus ouverte sur le sujet. De façon plus générale, le négociateur a souligné qu'il pensait que le gouvernement turc était sérieux quand il se disait prêt à avancer, mais qu'il ne savait pas jusqu'où il était disposé à aller.
M. Mavroyannis est aussi revenu sur la place de l'UE dans la réconciliation, alors que la République souhaiterait que l'UE soit plus impliquée. « Pour nous, c'est un élément fondamental. (…) Je ne peux même pas imaginer que nous puissions trouver une solution dans tout autre cadre que l'UE », a-t-il ajouté. Le négociateur a précisé que Chypre ne veut pas d'opt out ni de toute autre dérogation, pas d'Europe « à la carte » en lien avec la réconciliation, même s'il a insisté sur le fait qu'un temps d'ajustement sera nécessaire. Il a souligné que l'UE doit agir comme un catalyseur pour rassembler les deux communautés. « Nous ne ferons rien qui mette en danger le fait que Chypre soit membre de l'UE », a-t-il aussi expliqué. (CG)