Bruxelles, 28/05/2014 (Agence Europe) - Le président de la BCE, Mario Draghi, a rejeté, mardi 27 mai, la proposition de plusieurs économistes, dont le prix Nobel d'Économie, Paul Krugman, de relever l'objectif d'inflation assigné à l'institution européenne.
« Je préfère ne pas imaginer ce qu'un tel relèvement de l'objectif pourrait signifier pour l'Allemagne », a-t-il commenté, mardi 27 mai lors d'un forum que l'institution européenne a organisé en début de semaine à Sintra (Portugal), rapporte l'AFP.
La Bundesbank allemande est hostile à toute politique monétaire expansionniste qui provoquerait une poussée de l'inflation, en raison notamment du rôle qu'a eu l'hyperinflation dans les années 1920 dans la montée du nazisme.
Inscrite dans les traités, la mission de l'Institut monétaire de Francfort consiste à maintenir, à moyen terme, une hausse des prix sur base annuelle inférieure à, mais proche de 2% dans l'eurozone. Or, l'inflation oscille dans une fourchette située entre 0,5% et 0,9% depuis octobre 2013. Le phénomène de désinflation dans l'eurozone est essentiellement dû à la chute des prix de l'énergie et au processus d'ajustement en cours dans les pays de la zone en difficulté, le tout combiné à un taux de change élevé de l'euro qui pèse sur l'activité économique. À un niveau bas en 2014, l'inflation devrait graduellement augmenter en 2015 pour revenir à son niveau bas pour une période prolongée avant de regagner progressivement à l'objectif d'ici à fin 2016.
L'adoption, début juin, de nouvelles mesures de la BCE pour lutter contre l'inflation dépendra d'une détérioration des projections de l'institut monétaire en matière d'inflation. Le choix de l'ampleur des mesures est compliqué par le fait que la situation des pays de la zone euro est « très hétérogène », comme l'a rappelé M. Draghi. En avril, l'inflation a atteint 1,6% en Autriche, 1,3% en Finlande et 1,1% en Allemagne, alors que la déflation touchait la Grèce (-1,6%), Chypre (-0,4%), la Slovaquie (-0,2%) et le Portugal (-0,1%). (MB)