Bruxelles, 19/05/2014 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres de l'UE a invité la Commission européenne à examiner différentes solutions pour « une meilleure coordination » des politiques de l'UE concernant la mise en oeuvre par les États membres d'une gestion durable des forêts, l'adaptation au changement climatique et l'harmonisation des informations sur les forêts. Dans des conclusions adoptées lundi 19 mai évaluant la communication de septembre 2013 sur les forêts, les pays de l'UE demandent à la Commission d'identifier les domaines dans lesquels certains États membres peuvent souhaiter progresser davantage, tels que la prévention contre les incendies de forêt, les aléas naturels, la perte de biodiversité, les mesures transfrontières de lutte contre les ravageurs, les espèces exotiques envahissantes et les maladies ou la promotion de l'utilisation de bois et d'autres produits forestiers exploités de manière durable.
La gestion des forêts reste du ressort des pays de l'UE et le Conseil le rappelle de manière plus ou moins directe. Le Conseil formule toutefois quelques demandes: il invite la Commission à renforcer et à promouvoir le rôle que joue le Comité permanent forestier en tant qu'organe central de coordination chargé de fournir des conseils et d'améliorer la communication en ce qui concerne les politiques sylvicoles ; - engage la Commission et les États membres à continuer de contribuer, « lorsque c'est approprié, et d'une manière efficace au regard des coûts », à la création d'un système européen d'information sur les forêts.
Le Conseil souligne que, si des plans de gestion des forêts ou des instruments équivalents constituent autant d'instruments utiles pour aider les gestionnaires de ce secteur à mettre en oeuvre une gestion durable des forêts, « ces plans ne sont pas les seuls instruments permettant de suivre l'application des politiques ». Selon le Conseil, les inventaires forestiers ou de nouvelles technologies telles que le système d'information géographique (SIG) et les systèmes de données « constituent des systèmes efficaces et moins contraignants ».
Les forêts couvrent près de 50% de la surface relevant du réseau Natura 2000. Le Conseil souligne que l'accent devrait être davantage mis sur: - la prévention de l'incidence négative sur les forêts des menaces biotiques et abiotiques ; - l'atténuation et la réparation des dommages ; - l'extension de la superficie forestière dans les pays et les régions où elle est peu élevée ou dans les régions touchées par des conditions climatiques extrêmes, des incendies de forêts et la désertification. La Commission est invitée à procéder à une évaluation en profondeur des coûts cumulés des politiques de l'UE ayant une incidence sur les chaînes de valeur de la filière bois (le bois peut se substituer aux combustibles fossiles et aux autres matériaux produisant de grandes quantités de gaz à effet de serre). Le Conseil invite la Commission et les experts à évaluer si le remplacement des matériaux et de l'énergie par la biomasse forestière et l'évolution du marché de la biomasse forestière peuvent être bénéfiques pour le climat.
Le Conseil invite les États membres et la Commission à continuer à soutenir et à renforcer l'effet des mesures forestières mises en oeuvre dans le cadre du développement rural et à rechercher des synergies avec d'autres fonds de l'UE. Il insiste sur la nécessité de renforcer la capacité d'adaptation et la résilience des forêts au changement climatique, de réduire les risques et les conséquences des feux de forêts, des ravageurs, des maladies et des espèces exotiques envahissantes ainsi que d'autres perturbations en recourant à des mesures préventives, et de renforcer le potentiel des forêts en termes d'atténuation du changement climatique et d'adaptation à ce phénomène, « sans compromettre d'autres avantages des forêts, conformément aux engagements pris par l'UE et ses États membres au niveau international en vertu de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ». (LC)