Bruxelles, 19/05/2014 (Agence Europe) - Le commissaire européen en charge notamment du voisinage a entamé, lundi 19 mai, une visite de travail au Maroc. La mission doit permettre de « discuter des défis du partenariat » UE-Maroc. « Le processus de réforme au Maroc et les différents volets de la relation bilatérale UE-Maroc figurent à l'ordre du jour », explique-t-on de même source. Le commissaire s'entretiendra avec « plusieurs membres du gouvernement, du Parlement et d'autres hauts responsables du Royaume. Il tiendra également des discussions avec des représentants de la société civile. Il signera enfin un programme d'appui au Parlement d'un montant de 3 millions d'euros ».
Le contexte plus large de cette mission de deux jours attire cependant l'attention. Différents sujets font l'objet de controverses, sinon de différences de points de vue. L'agriculture est en tête de ces sujets. Les Marocains contestent le fond et la forme de la décision prise en avril dernier sur le régime d'accès des fruits et légumes. Ils regrettent l'absence de concertation préalable. Bruxelles s'en défend. Dans une interview aux médias marocains, l'ambassadeur de l'UE à Rabat, Rupert Joy, a expliqué que « ce changement répond aux critiques qui avaient été soulevées systématiquement par les opérateurs sur le fonctionnement du système. Ce nouveau système s'applique uniformément à tous les fruits et légumes importés dans l'UE de tous les pays du monde, donc il ne s'agit pas d'une mesure destinée spécifiquement aux produits marocains. Avec ce changement, le nouveau système est en ligne avec le code douanier communautaire. »
« Les pays qui sont associés doivent être associés, même à titre consultatif, aux décisions touchant leur économie. Ils ne peuvent être considérés comme des pays tiers», estime une source marocaine proche du dossier.
Le dossier des négociations commerciales quant à l'établissement d'un accord de libre-échange approfondi (ALECA) sera aussi en toile de fond. Pressé par les milieux économiques, le gouvernement a un mandat de négociation serré. « Nous continuons à avancer dans tous les domaines de la négociation », explique encore l'ambassadeur Joy. Il cite « les marchés publics, les normes techniques pour les produits industriels, les procédures douanières et la facilitation des échanges, les mesures sanitaires, les droits de propriété intellectuelle, la concurrence, le commerce de l'énergie, les aspects commerciaux du développement durable ».
Pressé par ailleurs par la société civile, il doit aussi veiller à ne concéder dans les négociations sur la 'mobilité' que ce qui est acceptable et refuser notamment la signature, parallèle, d'un accord de « réadmission ».
Pour calmer les appréhensions, M. Füle crédite le Maroc d'un rôle stratégique. Il l'a assuré, à la veille de son voyage, que le Royaume « a depuis longtemps une vision stratégique de ses relations avec l'Europe. Il a été une force de proposition, prêt à développer de nouvelles initiatives visionnaires et à faire profiter d'autres pays de son expérience ». Il a affirmé sa « conviction que la relation entre l'UE et le Maroc doit bénéficier d'une ambition et d'une impulsion renouvelées».
« Les questions régionales d'intérêt commun, comme le processus d'intégration maghrébine ou la sécurité au Sahel, seront également à l'ordre du jour », indique encore la communication officielle de l'UE. (FB)