Bruxelles, 07/05/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mercredi 7 mai, son premier rapport de surveillance effectuée après que l'Espagne a achevé son plan de sauvetage en janvier.
Fournissant une appréciation globalement positive de la situation du pays, l'institution européenne pointe néanmoins certains risques budgétaires et financiers qui pourraient avoir un impact négatif sur le rétablissement de l'économie espagnole qui renouera avec la croissance en 2014 (1,1% du PIB).
Sur le plan budgétaire, la Commission constate que le déficit public espagnol a atteint 6,6% du PIB national en 2013, si l'on retranche 0,5% du PIB de soutien financier aux banques. Selon elle, l'objectif pour 2014, à savoir un déficit de 5,8% du PIB, est largement à la portée du pays, à condition que la mise en oeuvre du budget soit « rigoureuse ». Cependant, atteindre les objectifs de déficit en 2015 (4,2% du PIB) et 2016 (2,8%) requerra « des efforts additionnels considérables en plus de l'apport positif découlant de la croissance positive du PIB », estime la Commission. Et, pour réduire la dette publique, qui devrait franchir la barre des 100% du PIB en 2014 et même atteindre 103,8% en 2015, l'institution européenne recommande de mettre à profit les bonnes surprises éventuelles qui proviendraient d'une croissance plus forte que prévu.
« Les stocks toujours importants de dette publique et privée et de dette extérieure continuent de poser des risques pour une croissance soutenue et la stabilité financière », note l'institution européenne. Celle-ci estime que l'ajustement structurel devra se poursuivre « un certain temps » pour que l'Espagne réduise les déséquilibres macroéconomiques et le chômage élevé auxquels elle est confrontée.
Sur le plan financier, la Commission constate que le secteur bancaire, dont l'implosion avait obligé Madrid à solliciter une aide financière supérieure à 40 milliards d'euros, s'est assaini, consolidé et a retrouvé le chemin du profit en 2013. Les ratios moyens de solvabilité bancaire ont atteint 11,5% à la fin de 2013. Néanmoins, un défi « substantiel » pour la Sareb (la 'bad bank' mise sur pied pour gérer les actifs toxiques immobiliers) consistera à céder son important portefeuille d'actifs sans le brader, note l'institution européenne. (MB)