Bruxelles, 07/05/2014 (Agence Europe) - L'UE a pris, mardi 6 mai, des mesures pour prévenir l'arrivée d'un nouveau type de diarrhée épidémique porcine (PED) sur son territoire. Mais elle n'a pas suspendu ses importations de cochons vivants et de semences, comme l'avait prôné la France, a indiqué la Commission européenne.
Face à une épidémie de PED sévissant en Amérique du Nord, spécialement aux États-Unis, et en Asie, les experts en santé animale des 28 ont décidé d'imposer un traitement spécifique (chauffage et stockage de six semaines) pour l'importation de produits sanguins porcins (plasma et sang séché de porc), a précisé la Commission. Cette mesure permet de neutraliser les virus susceptibles de contaminer ces dérivés, plasma et sang séché de porc, destinés à l'alimentation animale. Parallèlement, les autorités américaines et canadiennes se sont engagées à ne pas exporter de porcs vivants vers l'Union européenne jusqu'à un réexamen de la situation au niveau européen et à l'occasion de la prochaine Assemblée de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), qui se réunira à Paris du 25 au 30 mai prochains
En pointe sur ce dossier, le ministre français de l'Agriculture, Stéphane le Foll, a salué cette décision de l'UE « de protection aux frontières ». « Des mesures complémentaires seront adoptées, si nécessaire, en fonction de l'évolution de la situation sanitaire », a-t-il ajouté, cité par un communiqué.
Les experts ont de fait renvoyé à juin une éventuelle décision de suspendre les importations de porcs vivants, aucune cargaison n'étant actuellement attendue. Les importations des États-Unis sont marginales, à environ 250 têtes par an. Les mêmes experts ont également jugé suffisantes dans l'immédiat les mesures sanitaires déjà en vigueur pour l'importation de semences de porcs. La France avait pris les devants en annonçant vendredi qu'elle entendait suspendre ses importations de cochons vivants, de semences et de sous-produits porcins en provenance des États-Unis, du Canada, du Japon et du Mexique. Elle avait toutefois gelé l'entrée en vigueur de cette mesure dans l'attente d'une décision européenne. La PED, qui ne se transmet pas aux humains, affecte le cheptel par contact oral avec des souillures contaminées. Apparue dans les années '70, elle se propage actuellement sous une nouvelle forme plus virulente depuis avril 2013 aux États-Unis et au Canada et depuis fin 2013 au Mexique et au Japon. La maladie a déjà tué plus de cinq millions de bêtes aux États-Unis, entraînant une hausse des cours. (LC)