Bruxelles, 07/05/2014 (Agence Europe) - Le Comité européen des entreprises du vin (CEEV), soucieux de garder des débouchés, a plaidé, mercredi 7 mai, en faveur du TTIP, le traité de libre-échange discuté entre UE et États-Unis, qui inquiète en Europe notamment les viticulteurs.
« Étant donné la baisse tendancielle de la consommation au sein de l'UE, l'avenir de notre filière est à l'export », a souligné José Ramon Fernandez, secrétaire général du comité et représentant des négociants, cité par un communiqué.
Le CEEV juge que le TTIP (accord de libre-échange transatlantique) actuellement négocié « peut offrir des pistes de solutions » et éviter que les États-Unis, premier marché de consommation de vin au monde et qui « envisagent des accords avec d'autres pays producteurs de vin », ne se détournent du marché européen.
Entre 2005 et 2012, date de signature de l'accord bilatéral sur le vin entre l'UE et les États-Unis, l'excédent commercial pour le secteur européen a progressé de 87% en volume et de 30% en valeur, ce qui a représenté en 2013 plus de 2,5 milliards d'euros, note le CEEV. Cette organisation souligne attendre des négociateurs européens qu'ils obtiennent des États-Unis qu'ils renoncent totalement à utiliser les indications semi-génériques telles que Champagne ou Chablis, sous un délai qui reste à négocier.
L'Assemblée des régions européennes viticoles, qui réunit des producteurs, a, pour sa part, affiché son inquiétude face au TTIP, réclamant des garanties sur le respect des normes et réglementations sanitaires, environnementales et culturelles. Le TTIP, que la Commission européenne espère conclure l'an prochain, est devenu l'un des enjeux de la campagne en cours pour les élections européennes.
Par ailleurs, le commissaire européen Dacian Ciolos a indiqué, mardi 6 mai, en marge de la réunion informelle des ministres européens de l'Agriculture, que l'Union européenne devait se montrer ferme au sujet de la sécurité alimentaire dans le cadre des discussions sur le TTIP. « L'Europe ne doit pas avoir une position défensive lors de ces négociations », a souligné le commissaire. « De nombreux ministres ont souligné la nécessité de préserver nos valeurs et notre modèle agro-nutritionnel, qui doivent servir de base pour ces négociations », a-t-il ajouté. Les discussions sur le TTIP comprennent de nombreuses questions compliquées sur l'accès au marché, dont la dispute sur la culture d'OGM aux États-Unis (soja et le maïs) ou la volaille et la viande américaines (problème notamment des hormones). (LC)