Bruxelles, 06/05/2014 (Agence Europe) - Le Conseil Agriculture de juin débattra d'un rapport sensible sur le secteur du lait et des produits laitiers.
« Je m'étais engagé, quand le paquet lait a été adopté, en décembre 2012, à présenter un rapport mi-2014 sur la manière dont ce paquet a été mis en oeuvre et sur comment y apporter des améliorations», a rappelé, Dacian Ciolos, en marge du Conseil informel des ministres européens de l'Agriculture, à Athènes, lundi 5 mai.
Ce rapport ne comportera pas de nouvelles propositions législatives, a précisé M. Ciolos. Il souhaite qu'une discussion s'engage à ce titre au sein du Conseil pour voir si les pays de l'UE souhaitent de nouveaux instruments. « Mais nous savons que le Conseil est divisé » sur les mesures à prendre après la fin des quotas laitiers, en 2015. L'idée du commissaire serait de mettre en place rapidement une boîte à outils, lorsque les conditions du marché sont bonnes, afin d'anticiper les éventuels problèmes. « Soyons clair, il n'est pas question de gérer des quantités, mais, par exemple, de voir comment utiliser le nouvel observatoire du marché laitier pour anticiper les problèmes », a dit Dacian Ciolos. Le but serait de donner les informations utiles aux producteurs pour faciliter leurs prises de décisions, les aider à négocier les contrats et préparer les pays de l'UE aux crises éventuelles. Par exemple, on pourrait encourager ceux qui veulent produire plus à le faire en fonction des besoins du marché, a suggéré le commissaire.
Les outils de gestion de crises existent
Pour Dacian Ciolos, ces outils pour gérer les crises existent (intervention publique, aide au stockage privé et restitutions en cas de crise), mais ils pourraient être rendus moins onéreux et plus efficaces pour anticiper les problèmes. Le commissaire a rappelé les autres outils qui existent: les paiements directs, les fonds de mutualisation et la réserve de crise.
Au sujet du superprélèvement, discuté lors du dernier Conseil Agriculture (EUROPE 11061), M. Ciolos a déclaré que le système du superprélèvement (amendes en cas de dépassement des quotas laitiers) serait appliqué lors de la campagne 2014/2015, comme l'ont signalé les services juridiques du Conseil et de la Commission. Sur la question du coefficient de matière grasse (plusieurs pays demandent une correction de ce coefficient, ce qui équivaudrait à augmenter le niveau des quotas), M. Ciolos a dit que cela serait discuté lors du Conseil de juin. « Mais nous avons vu que le Conseil est très divisé sur la question », a rappelé le commissaire. Et il ne faut pas, selon lui, pénaliser les agriculteurs qui ont respecté les règles et les quotas, mais plutôt pénaliser ceux qui ont augmenté la production car ils ont vu des possibilités de débouchés sur le marché.
Ce sera le travail du prochain Parlement européen, renouvelé fin mai, et de la prochaine Commission, renouvelée fin 2014 ou début 2015. Ce sera l'affaire d'un autre commissaire...ou pas. Car Dacian Ciolos ne cache pas son ambition pour un second mandat.
Négociations transatlantiques. Dans le cadre de l'accord bilatéral avec les États-Unis, le commissaire a indiqué que l'UE voyait des possibilités d'augmenter ses exportations de fromages de qualité vers l'Amérique du Nord. Pour l'agriculture, l'un des principaux enjeux de ces négociations bilatérales sera de faire reconnaître par les USA les indications géographiques de l'UE. Autres sujets importants pour l'UE: la sûreté alimentaire (hormones, OGM, des produits refusés par l'UE). « Il n'y aura pas d'ouverture de notre côté sur l'accès au marché tant que les États-Unis ne viendront pas avec une approche plus sérieuse » sur ces trois sujets, a mis en garde Dacian Ciolos. (LC)