Bruxelles, 06/05/2014 (Agence Europe) - Il faut préserver la diversité de l'agriculture européenne et la politique agricole commune (PAC) dispose des outils nécessaires pour ce faire, ont convenu les ministres européens de l'Agriculture, lors de leur réunion informelle, mardi 6 mai à Athènes.
Athanasios Tsaftaris, ministre grec de l'Alimentation et du Développement rural, a insisté notamment sur le soutien au Conseil en faveur de labels (facultatifs) pour les produits de montagne ou les produits des îles. La présidence grecque du Conseil a souligné que l'UE importe beaucoup de produits, mais qu'elle est le plus grand exportateur au monde (plus de 23% des exportations mondiales de produits agricoles). Il faut aussi prendre des décisions pour attirer les jeunes vers le secteur agricole. La nouvelle PAC reconnaît l'importance de cette diversité et prévoit de la flexibilité pour tenir compte des spécificités nationales, a dit le ministre grec.
Dacian Ciolos, commissaire européen à l'Agriculture, a d'abord rappelé que la diversité en agriculture était une « réalité », pas une construction de l'esprit, en raison notamment de l'élargissement de l'UE. Cette diversité dans les modes de production et de commercialisation a été « transférée » dans la politique agricole commune (PAC) qui vient d'être réformée. L'enjeu est d'utiliser les instruments de la PAC pour transformer cette diversité en atout, a estimé le commissaire. La PAC n'oppose pas les filières courtes aux filières industrielles, les filières d'exportation aux filières pour le marché européen ou local, a signalé M. Ciolos.
M. Ciolos a retenu quatre idées à prendre en compte à l'avenir, après le tour de table des ministres européens sur ce thème de la diversité: - il convient de gérer la diversité et la performance de l'agriculture de l'UE de manière positive, et non pas restrictive (il faut augmenter la performance du point de vue technologique, économique et environnemental, mais pas au détriment de la diversité, et la préservation de la diversité ne doit pas empêcher d'augmenter la performance) ; - l'innovation va devoir jouer un rôle essentiel pour améliorer la performance et préserver la diversité de notre agriculture ; - nous ne devons pas, par peur, fermer l'Europe vis-à-vis du reste du monde. Il faut, selon le commissaire, « poursuivre l'ouverture de manière non pas défensive, mais offensive et positive ». Les valeurs (diversité, qualité, sûreté) de l'agriculture européenne sont de plus en plus appréciées, notamment au sein des pays dits émergents ; - il ne faut pas confronter la diversité à l'esprit commun de la PAC. « Nous avons besoin de garder une politique agricole commune qui puisse mettre en valeur cette diversité. En même temps, le renforcement de la PAC ne doit pas pousser à l'uniformisation des modèles agricoles», a souligné M. Ciolos. Dès lors, la flexibilité accordée aux pays et aux régions ne doit pas rendre la PAC trop complexe, a conclu le commissaire.
Par ailleurs, le commissaire a souligné que la PAC offrait des instruments pour mettre en valeur la diversité. Les pays de l'UE ont jusqu'à août pour notifier à la Commission comment ils comptent utiliser les flexibilités s'agissant des paiements directs notamment. Il existe une modulation des aides en fonction des spécificités régionales, des structures des exploitations et pour tenir compte des zones défavorisées et des petites exploitations.
Le Copa-Cogeca (organisations agricoles de l'UE) a mis en avant la grande diversité et qualité des produits agricoles européens et rappelé que la recherche et l'innovation étaient primordiales pour les préserver et les développer. (LC)