Bruxelles, 06/05/2014 (Agence Europe) - Dégager un excédent budgétaire primaire n'est pas la seule précondition pour que les pays de l'eurozone appliquent l'engagement qu'ils ont fourni en novembre 2012 d'alléger à nouveau le fardeau de la dette grecque, a rappelé l'Eurogroupe, lundi 5 mai. La mise en oeuvre totale des conditions du programme constitue également un préalable.
Lorsque l'on aborde la question de la réduction de la dette grecque, « la première question est: est-ce nécessaire ? Y a-t-il un problème ? Quand se présentera-t-il ? », a expliqué le chef de file des ministres des Finances de l'eurozone, Jeroen Dijsselbloem. C'est à ces questions que s'attachera à répondre la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) lors de sa prochaine mission de suivi, après les élections européennes. Ensuite, a rappelé le ministre néerlandais, il y a un certain nombre de préconditions à remplir telles qu'une application totale de toutes les conditions du programme d'ajustement économique.
L'Eurogroupe aurait-il fait de la réduction de la dette grecque la nouvelle carotte pour la mise en oeuvre des réformes ? « Dans une certaine mesure, oui », confie-t-on dans l'entourage du ministre grec des Finances, Yannis Stournaras. Et de rappeler ce que dit la déclaration de l'Eurogroupe de novembre 2012. Les Européens envisageront de nouvelles mesures pour réduire le fardeau de la dette grecque lorsque le pays aura dégagé un excédent budgétaire primaire, mais ce geste des Européens est également « conditionné à la mise en oeuvre totale de toutes les conditions du programme (d'ajustement) dans le but d'assurer que d'ici la fin du programme du FMI, en 2016, la Grèce puisse parvenir à un ratio dette/PIB de 175%, en 2020 de 124% du PIB et en 2022 substantiellement sous 110% », indique la déclaration de l'Eurogroupe de 2012. Les prévisions économiques de la Commission publiées lundi anticipent une retombée de la dette à 172,4% en 2015.
M. Dijsselbloem a assuré que l'Eurogroupe tiendrait son engagement. Et d'expliquer qu'un élément à prendre en compte était la situation des banques. Les tests menés au niveau européen montreront si les institutions financières grecques ont de nouveaux besoins en capitaux et s'il faut aller puiser dans l'enveloppe restante ou si cet argent (un peu moins de dix milliards d'euros) sera disponible. L'Eurogroupe attendra donc les résultats de l'examen de la qualité des actifs avant de lancer formellement les discussions sur la dette grecque, en octobre prochain. (EL)