Bruxelles, 06/05/2014 (Agence Europe) - Les ministres de l'Énergie du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont confirmé, lors d'une réunion à Rome, mardi 6 mai, le soutien des pays les plus industrialisés à l'Ukraine, « en cas de situation critique » pour ses approvisionnements, a indiqué mardi la ministre italienne du Développement économique, Federica Guidi, hôte de la réunion.
« L'énergie ne doit pas être utilisée comme un moyen de pression politique », ont convenu les ministres, dans un communiqué final, résumant les travaux de leur réunion de deux jours. « Nous sommes très inquiets des implications des événements en Ukraine sur la sécurité énergétique, du fait de la violation par la Russie de l'intégrité territoriale de l'Ukraine », ont-ils indiqué. « Nous sommes unis dans notre détermination à apporter différents types d'assistance à l'Ukraine pour renforcer sa sécurité énergétique », ont ajouté les ministres. Le communiqué prévoit aussi que les pays du G7 oeuvrent à compléter les efforts de la Commission européenne afin de développer des plans énergétiques d'urgence pour l'hiver 2014-2015.
Avec en toile de fond la crise ukrainienne et la sécurité des approvisionnements de l'UE, dont 50% des approvisionnements en gaz russe transitent par l'Ukraine, le G7 Énergie, auquel s'était joint le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, a aussi convenu de la nécessité d'élaborer une stratégie à moyen et long termes pour diversifier les sources et canaux d'approvisionnement. Mais pas seulement: pour accélérer la transition vers une économie à faible teneur en carbone, qui passe par davantage d'économies d'énergie et un fort soutien aux énergies renouvelables, il s'agit aussi de diversifier les technologies propres.
Au-delà de la crise ukrainienne, le G7 Énergie « a aussi pour mérite d'avoir inscrit la question de la sécurité énergétique dans une problématique élargie à la lutte globale contre le réchauffement climatique », s'est félicitée la ministre française, Ségolène Royal. « Malgré des modèles énergétiques différents, on a réussi à converger pour mettre en commun ce que nous faisons de mieux dans chaque pays », a-t-elle dit.
« C'est le début d'un processus de désarmement, il s'agit de désarmer la Russie de la possibilité d'utiliser l'énergie comme une arme, ce qui est inacceptable », a estimé le secrétaire d'État britannique à l'Énergie, Ed Davey, à l'issue de la réunion. M. Davey a toutefois reconnu que cette nouvelle stratégie prendra assez longtemps pour se développer.
Les Sept ont également convenu de relations plus étroites avec les États-Unis et le Canada pour les exportations de gaz de schiste dans la forme de GNL pour compenser les fournitures russes à l'avenir, a aussi laissé entendre Mme Guidi. La ministre italienne a toutefois souligné « l'importance stratégique », pour son pays, du gazoduc South Stream, qui transportera le gaz russe vers l'Europe en évitant l'Ukraine. (EH)