Bruxelles, 06/05/2014 (Agence Europe) - L'objectif de voir la part de l'industrie en Europe atteindre les 20% du PIB est louable, mais il doit s'accompagner d'objectifs collatéraux plus « qualitatifs » et d'une meilleure prise en compte du rôle joué par le secteur des services sur les performances industrielles. Ce sont les deux principales préconisations qui peuvent être tirées d'un avis adopté le 29 avril par le Comité économique et social européen (CESE), relatif à la stratégie de « renaissance industrielle » proposée par la Commission européenne en janvier dernier (EUROPE 11002).
Cet avis, rédigé par le rapporteur Ulla Sirkeinen (groupe des employeurs, finlandaise), partage tant les constats faits dans la communication de la Commission (il faut revigorer une base industrielle européenne en perte de vitesse) que les domaines d'action et les mesures préconisées par l'exécutif européen. Le soutien du CESE pour un 'pacte industriel' est donc garanti, mais cela n'empêche pas que les représentants de la société civile auraient souhaité une dose supplémentaire d'ambition.
L'ambition de l'UE ne devrait en effet pas se résumer à l'objectif chiffré des 20% de la part de l'industrie dans le PIB européen. « Le but de la politique industrielle européenne devrait être d'améliorer les possibilités des entreprises européennes (…) de maximiser la captation de plus-values par l'Europe » sur le marché international, préconise le CESE. Ces plus-values se situeraient essentiellement dans une meilleure prise en compte du rôle joué par le secteur des services.
L'interdépendance entre les services et le secteur manufacturier est bien connue, mais la Commission n'a peut-être pas suffisamment insisté sur le potentiel de croissance qu'elle offre. Le CESE aimerait que l'UE se dote de politiques spécifiques et d'un plan d'investissement pour faciliter l'exploitation du « potentiel que revêtent les services fondés sur la connaissance et les TIC sur le plan de l'exportation, tant en soi qu'en tant que moteurs essentiels de la productivité dans tous les secteurs économiques ».
L'interdépendance est également un terme clé pour comprendre l'appel du CESE pour la mise en place de « structures de gouvernance plus solides pour les politiques microéconomiques ». L'idée est de pousser le Conseil européen à assumer « clairement un rôle de chef de file » dans la relance de l'industrie, tout en chargeant le Conseil Compétitivité d'être une sorte de matrice qui aurait pour prérogative d'examiner toutes les décisions des autres formations du Conseil qui ont trait à l'industrie. Enfin, la Commission devrait aussi être dotée d'une plus grande responsabilité, à travers l'intégration des questions de politique industrielle dans le processus du Semestre européen et la formulation de recommandations par pays. (JK)