Bruxelles, 05/05/2014 (Agence Europe) - Qualifiant les socialistes et chrétiens-démocrates de partis dinosaures, le candidat libéral au poste de président de la Commission européenne prône une nouvelle majorité au Parlement européen. Guy Verhofstadt s'est exprimé à ce sujet lors du rassemblement électoral de son parti, à Vienne, vendredi 2 mai.
M. Verhofstadt promet la surprise au lendemain des élections européennes du 25 mai avec l'avènement d'un grand groupe libéral pro-européen plus fort que les eurosceptiques.
La troisième voie libérale. « Savez-vous ce qui est arrivé aux dinosaures ? Et bien ils n'existent plus ! », a ironisé le libéral belge en guise d'introduction. Il a ensuite fortement critiqué les deux grands partis rivaux en Europe, en estimant que les politiques menées par le PPE et le PSE ont tout droit mené à la crise.
« Les conservateurs sont conservateurs, ils ne veulent pas de réformes. (…) Ils mènent une politique du déni », a considéré Guy Verhofstadt. Quant aux socialistes, ils mèneraient une politique du blâme sans apporter de solutions, poussant à une « chaîne de Ponzi de la dette publique ».
Guy Verhostadt a fait valoir que ces « vielles recettes » ne fonctionnent plus et qu'il faut désormais « quelque chose de différent, un changement radical, une vrai alternative, un nouveau leadership » que les libéraux incarneraient à merveille.
« Nous avons besoin de commissaires européens libéraux forts et d'une nouvelle majorité au Parlement européen, concentrée autour de notre vision, pas basée sur des croyances à propos de comment devrait fonctionner le monde, mais sur la compréhension de comment le monde fonctionne », a ainsi déclaré Guy Verhofstadt face à ses militants. Il a rappelé que le coeur de son programme était limpide, que les libéraux voulaient plus d'intégration dans les vrais secteurs de l'économie, tels que les banques, le numérique et l'énergie. Il prône une nouvelle vague dans l'intégration du marché intérieur. « Nous voulons réunir tous les pro-européens qui pensent que davantage d'intégration c'est la solution et la marche à suivre ». Guy Verhofstadt entend clairement créer la surprise après le 25 mai, avec un troisième parti libéral « plus fort et plus grand » que les eurosceptiques, a-t-il expliqué à EUROPE.
Croisade contre le PPE et les eurosceptiques. Le libéral a fortement critiqué les conservateurs du PPE, en estimant qu'il n'y avait pas de place pour « les (Silvio) Berlusconi ou les Viktor Orban de ce monde ». Il a interpellé les pointures de ce parti en déclarant qu'il était temps « de dire la vérité, car les principes et les valeurs sont aussi importants que la taille ou le nombre de sièges ».
Guy Verhofstadt a également été très critique à l'encontre des eurosceptiques, avançant que Nigel Paul Farage, chef du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), a défendu le président syrien Bachar el-Assad en session plénière du Parlement européen. Il a reproché à la Française Marine Le Pen et au Néerlandais Geert Wilders d'admirer et de soutenir Vladimir Poutine. « Je trouve cela déshonorant pour une Europe démocratique », a estimé Guy Verhofstadt.
Quid du fédéralisme ? Durant son discours, Guy Verhofstadt n'a plus fait mention du concept de fédéralisme européen ou encore du scénario des États-Unis d'Europe, qui faisaient pourtant partie de sa rhétorique. Il a expliqué à EUROPE que le mot fédéralisme était parfois mal compris dans certains pays de l'Union européenne. Mais le candidat libéral pour remplacer José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne souhaite effectivement une Europe plus forte dans des domaines où elle a une valeur ajoutée et fait des économies d'échelle. Guy Verhofstadt ne souhaite pas pour autant créer un super État. (MD)