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Bulletin Quotidien Europe N° 11072
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Éléments stables qui déterminent les évolutions de divergences sans fin

Laissons de côté, pour une fois, les évolutions souvent dramatiques de l'actualité, qui changent tous les jours, pour prendre en considération les éléments qui constituent la base de ces péripéties sans fin.

Risque nul. Le risque d'une utilisation des armes nucléaires est nul de la part des pays qui en disposent, qui sont opérationnels et sûrs - États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni - et qui n'ont qu'un espoir: s'en libérer le plus vite possible, tous ensembles. Le risque réside dans les pays qui s'efforcent d'en disposer (ou font croire qu'ils en disposent), pour lesquels la bombe atomique représente un instrument de chantage. La menace est d'autant plus présente quand le fanatisme religieux joue un rôle prédominant dans leurs attitudes politiques.

UE et Russie coopèrent. Les divergences entre l'Union européenne et la Russie existent, mais l'une et l'autre évitent avec soin qu'elles compromettent les coopérations réciproques, qui sont nombreuses et fonctionnent. La France poursuit la mise au point d'instruments maritimes que Moscou lui a demandé, dont l'utilisation militaire est prévue ; la Belgique se préoccupe d'éviter que la vente de diamants russes à Anvers soit compromise ; Londres continue à gérer soigneusement les finances de milliardaires russes qui y résident et ont obtenu le passeport britannique ; la coopération industrielle continue à se développer, notamment de la part de l'industrie lourde allemande et de plusieurs entreprises italiennes.

Coopération, suite. Les relations commerciales UE/Russie se situent dans le cadre de l'OMC, dont les deux parties sont membres. L'adhésion russe est encore récente et elle avait été accueillie avec enthousiasme par l'UE, qui réclame à la Russie le respect des règles du libre-échange, en protestant chaque fois que Moscou s'en éloigne. Il serait gênant pour l'UE de devenir fautive dans ce domaine.

Indispensable pour Kiev. Le cadre des produits énergétiques est régi par des accords spécifiques entre l'UE, la Russie et l'Ukraine. En fait, les initiatives de l'UE pour faire face à une hypothétique interruption de la fourniture de gaz russe transitant par l'Ukraine ont un caractère théorique et acrobatique qui laisse perplexes (EUROPE 11067). Les autorités de Kiev demandent que l'UE elle-même remplace par sa production les fournitures de gaz dont l'Ukraine a besoin, en la faisant transiter par la Slovaquie ; mais cette dernière, tout en exprimant sa bonne volonté, a expliqué qu'un accord entre Bratislava et Moscou serait nécessaire !

Ce dossier est vaguement compréhensible. Une réunion ad hoc au niveau politique essaye d'y voir plus clair. On a l'impression d'une tentative purement théorique de prouver que le gaz russe n'est pas indispensable. Mais les arrangements internes à l'UE ne pourraient avoir qu'une durée à court terme, s'agissant d'un recours aux réserves européennes forcement limitées, pour remplacer l'arrêt des fournitures russes.

Précautions. Nos lecteurs savent que les entreprises Gazprom (Russie) et OMV (Autriche) ont souscrit un protocole d'accord visant à construire la section autrichienne du gazoduc South Stream (EUROPE 11070). Ce gazoduc va relier Russie et Bulgarie sous la mer Noire et va desservir aussi bien l'Autriche que l'Italie en contournant l'Ukraine, qui est actuellement le principal pays de transit du gaz russe destiné à l'UE.

Coopération irremplaçable. L'UE s'efforce de réduire dans l'ensemble sa dépendance de la Russie pour le pétrole et le gaz qui lui sont nécessaires ; ses initiatives visant à diversifier ses sources sont positives et la coopération avec d'autres fournisseurs doit être développée encore plus. À Moscou on ne doit pas oublier que l'exigence de coopérer est réciproque: si l'UE a besoin de gaz et de pétrole russes, la Russie a tout autant besoin de les lui vendre. Et les aspirations de Moscou sont beaucoup plus vastes: elles visent une coopération globale, impliquant notamment: l'accès aux financements de banques européennes, l'entrée plus large et simplifiée de ses ressortissants dans le territoire européen et plusieurs autres revendications sont évoquées régulièrement par Moscou lors des sommets UE-Russie. Il y a encore tellement de progrès à faire pour que la coopération UE/Russie atteigne les niveaux souhaitables !

Évolutions possibles ? Malgré les difficultés et les complications, l'hypothèse d'une rupture de la coopération euro-russe n'est pas du tout prise en considération à haut niveau, ni d'un côté, ni de l'autre. Le ton excessif de certaines querelles a parfois quelque chose d'artificiel ou de superficiel. Au point que quelques personnalités se demandent si une partie des difficultés actuelles ne serait pas surmontée en rétablissant l'unité d'une partie de la population russe actuellement dispersée dans différents États, dans la mesure bien entendu où les intéressés le souhaiteraient explicitement. L'UE aurait ainsi pour l'essentiel, du côté russe, un seul interlocuteur. Rêve ou réalité ? Difficile de répondre.

(FR)

 

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