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Bulletin Quotidien Europe N° 11072
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Le gouvernement soutient les intérêts de ses agriculteurs

Bruxelles, 05/05/2014 (Agence Europe) - Les informations et commentaires officiels sur le retard escompté dans la mise en oeuvre de l'accord de pêche entre l'UE et le Maroc suscitent l'étonnement des Marocains.

« Il y a une procédure de ratification en cours » et il n'y aurait aucune raison d'en accélérer le rythme, lequel dépend de l'agenda du chef de l'État qui a tant d'autres sujets de préoccupation, selon une source autorisée.

Parmi les sujets de préoccupation, à Rabat, il y a celui de l'agriculture. Les récentes mesures restrictives communautaires paraissent inquiéter lourdement les autorités du royaume du fait de l'impact économique et social des décisions prises par l'UE sur les exportations marocaines de fruits et légumes, en particulier la tomate.

Le gouvernement est « résolu à défendre les intérêts des agriculteurs marocains », a indiqué vendredi 2 mai le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, cité par les médias du royaume. Le pays est, a ajouté le ministre, « conscient des incidences potentielles de la modification du système des prix d'accès des fruits et légumes marocains sur le marché de l'UE ». Il oeuvre à la conclusion d'un accord « préservant la compétitivité du produit agricole national et défendant les intérêts des agriculteurs marocains ». Et le ministre d'ajouter: « L'enjeu est de taille. Le secteur des tomates est menacé par la perte de 30 000 emplois directs et indirects et les répercussions des réformes opérées par l'UE causeraient, le cas échéant, une perte de 130 000 tonnes de ce produit ».

Le changement de méthode de dédouanement (« en violation du code douanier européen, de règles de l'OMC et surtout de l'accord d'association euro-marocain », selon un expert marocain) de ce produit périssable est d'autant plus critiqué qu'il a été adopté sans réelle volonté de concertation, soutient-on à Rabat. Les médias marocains font de ce dossier un des sujets brûlants de l'actualité. Un comité d'association devait être, logiquement, convoqué pour en traiter.

Le sentiment ambiant est que le Maroc est face à un « marché de dupes ». Cela vaudrait autant pour l'agriculture et la pêche que pour le commerce, les services. Au Maroc comme en Tunisie, des réserves sont émises au sujet des bénéfices potentiels des 'accords de libre-échange approfondi' (ALECA). C'est le cas également dans le domaine de l'immigration, où l'UE cherche à imposer des accords de 'réadmission'. Or, ces accords viseraient à 'décentrer' dans les pays partenaires des camps de rétention que l'Europe ne peut politiquement défendre face à sa propre opinion, estime-t-on généralement dans les pays de la rive sud.

Le sentiment général est que l'UE se détourne de la région: « Trop d'effets d'annonce, trop de discours, peu de faits concrets », selon une source. (FB)

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