Bruxelles, 05/05/2014 (Agence Europe) - La Haute représentante, Catherine Ashton, a appelé, samedi 3 mai, toutes les parties en cause à exercer la plus grande retenue en Ukraine et à ne pas exploiter la « tragédie » d'Odessa, avec la mort d'une trentaine de personnes, « pour alimenter encore plus de haine, de division et de violence insensée ». « Cela devrait être un moment de réflexion pour tout le monde et une occasion pour tous les Ukrainiens de se réunir et de trouver des moyens de surmonter les divisions alimentées artificiellement au cours des derniers mois », a expliqué Mme Ashton. Elle a ajouté que toutes les forces politiques devaient « maintenant assumer leurs responsabilités et s'engager dans un dialogue pacifique et inclusif pour trouver une façon commune de sortir de la crise ». Lundi 5 mai, les violences se poursuivaient et plusieurs personnes seraient mortes près de Slaviansk. Pour le ministre français, Laurent Fabius, « ce n'est pas encore une guerre civile, mais on n'en est pas loin ».
L'UE appelle à une enquête sur Odessa et salue la libération des observateurs
Mme Ashton a aussi appelé à une enquête « indépendante » sur les « faits qui ont conduit à cette perte tragique de tant de vies humaines » dans l'incendie d'un immeuble à la suite d'affrontements à Odessa et à ce que les « responsables de ces actes criminels soient traduits en justice ».
La Haute représentante a aussi salué la libération des sept observateurs de l'OSCE et de leurs accompagnateurs ukrainiens. Ils étaient retenus depuis le 25 avril à Slaviansk. « Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont contribué à ce développement positif. Cela devrait être suivi par la libération de tous les autres otages détenus par des groupes armés illégaux dans l'est de l'Ukraine », a-t-elle souligné.
Pour la France, rien ne doit empêcher la tenue des élections
Le président français, François Hollande, a souligné, le 5 mai, que « rien ne (doit) pouvoir entraver » l'élection présidentielle du 25 mai. « Les élections doivent se tenir dans toute l'Ukraine », a-t-il souligné. Pour lui, il faut convaincre les autorités russes, « dont le président, Vladimir Poutine, que la seule voie possible » est « le dialogue et donc la désescalade ». « Si les élections n'ont pas lieu (…) nous passerons au stade 3 des sanctions », a prévenu M. Fabius. Vendredi 2 mai, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président américain, Barack Obama, avaient déjà menacé la Russie de nouvelles sanctions si la situation se dégradait. (CG)