login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11069
Sommaire Publication complète Par article 10 / 31
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Migrants, Amnesty international demande à l'UE de sanctionner la Grèce

Bruxelles, 29/04/2014 (Agence Europe) - Amnesty International appelle, dans un rapport publié mardi 29 avril, l'Union européenne à engager une procédure judiciaire contre les autorités grecques qui procéderaient de manière banalisée et généralisée à des renvois sommaires de migrants vers la Turquie.

« Ces actes sont assimilables à l'expulsion illégale d'un groupe de personnes, sans qu'il soit tenu compte des particularités de chaque cas et sans que ces personnes puissent former une demande d'asile. Les renvois sommaires sont explicitement prohibés par le droit grec, celui de l'Union européenne et le droit international », indique le rapport de l'organisation internationale.

La Grèce est l'une des principales portes d'entrée de l'immigration illégale dans l'Union européenne. Les îles de la mer Égée, entre la Grèce et la Turquie, sont redevenues en 2013 la route privilégiée des passeurs après la construction d'une clôture et le renforcement des contrôles le long de la frontière terrestre dans le nord-est du pays. Entre septembre 2012 et avril 2014, l'ONG Amnesty International s'est entretenue avec 148 migrants et réfugiés tentant de pénétrer sur le territoire grec. « La façon dont les réfugiés et migrants sont traités aux frontières de la Grèce est déplorable. Trop souvent, alors qu'ils cherchent un refuge, ils affrontent la violence et l'intimidation. Dans certains cas, ils ont été dépouillés de leurs vêtements, leurs affaires leur ont été dérobées et parfois même une arme à feu a été braquée sur eux », note dans le rapport John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale.

Farmakonisi

En janvier dernier, douze Afghans et Syriens, principalement des femmes et des enfants, sont morts au large de l'îlot de Farmakonisi (sud-est de la mer Égée) dans le naufrage de leur bateau qui transportait 28 personnes, alors même que l'embarcation aurait été tirée à vive allure par des gardes-côtes grecs. La diffusion d'un reportage sur cette affaire a été interdite en février par la justice, au motif de l'instruction en cours. « Dans la seule mer Égée, 188 personnes, adultes et enfants de tous âges, se sont noyées ou ont disparu entre août 2012 et mars 2014 », a constaté l'ONG. L'organisation déplore que l'UE accorde plus d'importance à la fermeture de ses frontières qu'à l'accueil des migrants. D'après le rapport, entre 2011 et 2013, la Commission européenne a accordé environ 227 millions d'euros à la Grèce pour qu'elle empêche les réfugiés et les migrants d'entrer sur son territoire et seulement 20 millions d'euros pour aider à leur accueil. Intitulé 'Greece: Frontier of hope and fear', le rapport de l'organisation internationale dénonce les traitements infligés de façon persistante par les autorités grecques à « celles et ceux qui risquent leur vie pour trouver refuge en Europe ». (LC)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
SUPPLÉMENT