Strasbourg, 13/03/2014 (Agence Europe) - Si les tensions sur le dossier ukrainien incluant la sécession de la Crimée poussent la Commission européenne à hausser le ton au plan politique, les discussions juridico-techniques entre Bruxelles et Moscou sur le projet de gazoduc South Stream se poursuivent au niveau des experts.
Une première réunion du groupe de travail conjoint mis sur pied à la mi-janvier par le commissaire Günther Oettinger et le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, pour réduire les dissensions entre la Commission et le gouvernement russe sur la conformité du projet South Stream au troisième paquet législatif communautaire sur la libéralisation du marché intérieur de l'énergie, se tiendra ce vendredi 14 mars à Moscou.
Plus tôt cette semaine, des propos du commissaire Oettinger ont jeté le doute sur une possible poursuite de ces discussions, pour tenter de faire pression sur la Russie à la suite de l'incursion de ses troupes en Crimée. « Je n'accélère pas nos négociations concernant les gazoducs comme South Stream. Elles seront reportées », a menacé M. Oettinger, dans les colonnes du quotidien allemand Die Welt. « Les discussions ne sont pas gelées. Elles se poursuivent au plan technique », précisait toutefois jeudi sa porte-parole, Sabine Berger, soulignant la portée « politique » des propos du commissaire.
La Commission a demandé fin 2013 aux pays de l'UE prenant part au projet - Autriche, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Grèce, Slovénie - ainsi qu'à la Serbie, de renégocier leurs accords conclus avec la Russie pour la construction du gazoduc, jugeant ces accords non conformes aux principes du troisième paquet. L'exécutif européen reproche en effet au gazier russe Gazprom, qui pilote le projet South Stream, de ne pas respecter le principe du dégroupage des activités de fourniture et de transport de l'énergie (unbundling). De son côté, Moscou défend la validité des accords intergouvernementaux au regard du droit international.
South Stream doit relier la Russie à la Bulgarie pour desservir le marché européen sur deux branches, l'une au sud traversant la Grèce vers l'Italie, l'autre au nord traversant la Serbie, la Hongrie et la Slovénie vers l'Autriche. Le tout en contournant l'Ukraine, principal pays de transit pour le gaz russe destiné à l'UE. (EH)