Athènes/Bruxelles, 13/03/2014 (Agence Europe) - Belle revanche pour la Grèce qui se hisse en tête de classement pour l'absorption des fonds structurels pour la période 2007-2013. Les fonds européens restent la première source d'investissements publics dans le pays où la crise reste tangible à tous niveaux.
La rénovation du théâtre municipal du Pirée à Athènes, dans la région de l'Attique - qu'EUROPE a eu l'occasion de visiter lors d'un voyage de presse organisé par le Comité des régions -, illustre cette nouvelle dynamique, au sein de laquelle la culture prend toute sa place.
Quatrième place. La 'task force' de la Commission européenne pour la Grèce, présente dans le pays depuis 2010 pour y coordonner l'assistance technique de l'UE, a révélé que ce pays était le 4ème État à avoir le mieux absorbé les fonds structurels et d'investissements mis à sa disposition en 2007-2013. Selon le 6ème rapport de la 'task force', publié le 11 mars, près de 80% des 24 milliards d'euros engagés ont été dépensés. En 2011, Athènes stagnait à la 18ème place du classement. Le fait que les taux de cofinancement européen aient été relevés à 95% du montant total d'un projet a permis ce rebondissement.
Investissements publics à l'arrêt. Face à cette situation, Panos Carvounis, chef de la représentation de la Commission en Grèce, est d'avis que les fonds structurels européens sont indispensables au rétablissement de l'économie grecque, en récession depuis six ans d'affilée. « À cause de la crise, il n'y a plus de fonds pour les investissements publics, ils sont dorénavant réalisés par les fonds européens. Donc cela aide beaucoup, il s'agit d'une source de financement principale pour l'économie grecque », a-t-il estimé.
Bonne réputation. Et si la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), qui représente les créanciers internationaux en Grèce (voir autre nouvelle), n'a pas bonne presse, c'est moins le cas pour les aides européennes, qui compensent en quelque sorte, les fonds structurels étant bien connus dans le pays. « Il y a des panneaux indiquent les infrastructures étant cofinancées par les fonds de la Commission, comme les musées ou les sites archéologiques », a-t-il noté. Et d'ajouter: il s'agit d'« exemples de bénéfices concrets » qui ne constituent « pas des prêts, mais des subsides, quelque chose que la Grèce ne devra pas rembourser ».
Théâtre des temps modernes. 40 millions d'euros ont été injectés via divers fonds européens dans la rénovation du théâtre municipal du Pirée, dans la région capitale de l'Attique. Non loin du port du Pirée, qui accueille les bateaux de croisière parcourant la Méditerranée, l'investissement est stratégique, car le théâtre aux allures d'opéra peut se visiter comme un musée. Datant de 1884, il est le témoin de l'histoire moderne du pays, en réponse aux multiples sites antiques. « Notre premier cheval de bataille pour relancer l'économie c'est la culture, surtout dans une ville comme Athènes », a expliqué le vice-gouverneur de la région, Mme Papadimitriou-Tsatsou. Selon elle, « cela permettra d'amener des touristes à Athènes, [de faire en sorte] qu'ils restent et que le Pirée ne soit plus une ville de passage, car cela ne donne pas de travail ».
La machine culturelle. En réalisant cet investissement, la région grecque a donc fait le pari de relancer toute une économie grâce au spectacle et au tourisme. 120 personnes ont été engagées pour les travaux de restauration. Et qu'il y ait 5, 10 ou 15 employés dans le théâtre grâce aux investissements européens n'est pas la question, pour la directrice artistique du théâtre inauguré en octobre 2013 et qui fait déjà salle comble. « L'important, alors que la crise est aiguë, c'est de voir la lumière allumée, les bateaux de croisière s'arrêter, les touristes visiter et toute la machine de la création d'argent se remettre en marche ». (MD)