Bruxelles, 10/03/2014 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, a prévenu, dimanche 9 mars, qu'il n'y avait pas de « garantie de succès » pour un accord final sur le nucléaire iranien. Elle a ajouté que, en effet, les négociations entre l'Iran et l'E3+3 (Allemagne, France, Royaume-Uni et Chine, États-Unis et Russie) étaient « difficiles ».
« Cet accord intérimaire (de novembre) est vraiment très important, mais pas aussi important que l'accord global dans lequel nous sommes actuellement engagés. C'est difficile, il s'agit d'un défi et il n'y a pas de garantie de succès », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Téhéran avec le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. Mme Ashton a effectué, du 8 au 10 mars, sa première visite en Iran depuis sa nomination à la tête de la diplomatie européenne.
Dans un entretien mis en ligne par la Commission européenne dimanche, Mme Ashton a souligné qu'elle sentait qu'il y avait un soutien « dans le milieu politique en Iran » pour faire avancer les discussions, « ce qui ne veut pas dire que nous aurons un accord ». « Mais j'ai eu vraiment le sentiment que les gens veulent que les discussions aient lieu et je pense que c'est encourageant en soi », a-t-elle ajouté.
Durant la conférence de presse à Téhéran, M. Zarif a réaffirmé que l'Iran était « déterminé à aboutir à un accord » final sur le nucléaire, qui pourrait selon lui être conclu dans les quatre ou cinq prochains mois. « Nous avons montré notre bonne volonté et avons accompli ce que nous devions faire dans le cadre de l'accord intérimaire », a-t-il dit, ajoutant que Téhéran « n'acceptera une solution que si ses droits (en matière nucléaire) sont reconnus ». Le prochain cycle de négociations sur le nucléaire iranien aura lieu le 18 mars à Vienne (Autriche). Pour parvenir à un accord final, plusieurs questions sensibles demeurent, en particulier la taille du programme d'enrichissement iranien, le site d'enrichissement de Fordo et le réacteur à eau lourde d'Arak. L'Occident demande la fermeture de ces deux sites, mais Téhéran refuse.
Mme Ashton a par ailleurs indiqué avoir « discuté avec M. Zarif des possibilités d'un dialogue sur les droits de l'homme à l'avenir ». Ils ont évoqué aussi la « terrible situation en Syrie », les domaines de coopération autour de l'avenir de l'Afghanistan, a expliqué Mme Ashton.
Lors de sa visite en Iran, la Haute représentante de l'UE a aussi rencontré le président iranien, Hassan Rohani et, le président du parlement, Ali Larijani. Lors de son entretien avec Mme Ashton, le président Hassan Rohani a dit souhaiter « nouer des relations nouvelles avec l'UE », notamment « des liens stratégiques dans le domaine énergétique et le transit » commercial, selon l'agence Isna. Les deux parties peuvent aussi « coopérer sur la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue, sur l'Afghanistan, l'Irak ou encore la Syrie », a-t-il ajouté. L'Iran est l'un des rares alliés du président syrien, Bachar el-Assad. (CG)