Bruxelles, 10/03/2014 (Agence Europe) - Les ministres du Travail des pays de l'UE ont adopté, lundi 10 mars à Bruxelles, la recommandation relative à un cadre de qualité pour les stages (EUROPE 11034).
Seul le Royaume-Uni a fait savoir, au cours de la réunion, qu'il ne souhaitait pas l'appliquer. Les autres États membres se sont engagés à informer la Commission européenne, d'ici fin 2015, sur les mesures prises en conformité avec cette recommandation. La principale plateforme des organisations de jeunesse en Europe (le Forum européen de la jeunesse) a dénoncé une recommandation « faible et limitée ».
Les ministres n'ont pas consacré beaucoup de temps au débat sur cette question. La présidence grecque du Conseil a présenté cette recommandation comme étant un des moyens d'aider les jeunes Européens qui souffrent fortement des conséquences de la crise financière et économique. Même si les pratiques au sein des États membres sont très divergentes, il est nécessaire que des principes de base visent à améliorer la qualité des stages, qui constituent souvent le premier pas des jeunes sur le marché du travail et éveille en eux une conscience professionnelle, a dit le ministre grec du Travail, Ioannis Vroutsis.
Si le Royaume-Uni s'est montré satisfait du choix d'une approche non contraignante pour les États membres, il a néanmoins affirmé ne pas vouloir recourir à cette recommandation, du fait d'un cadre trop contraignant, a expliqué l'ambassadrice britannique auprès de l'UE, Shan Morgan.
Le commissaire européen Laszlo Andór (Affaires sociales et Emploi) n'a quant à lui pas manqué de marquer sa déception. Selon lui, les modifications introduites en amont par les groupes d'expert du Conseil ont trop « édulcoré » certaines dispositions clés, dont celles qui touchent aux conditions de travail.
C'est un peu la même critique du côté du Forum européen de la jeunesse. Dans un communiqué daté du 4 mars, après l'adoption de la recommandation par le COREPER (Comité des représentants permanents des États membres auprès de l'UE), il a dénoncé une recommandation qui a une portée trop « faible », car « elle ne fait pas référence aux stages qui font partie d'une formation académique ou professionnelle et ne s'applique pas nécessairement à toutes les possibilités de stages qui sont financés via des fonds sociaux et structurels européens », comme ceux qui découlent de la mise en oeuvre du mécanisme de la garantie pour les jeunes (six milliards d'euros en 2014 et 2015). La déception est d'autant plus grande que cette recommandation évoque une garantie pour les droits des stagiaires, mais « elle n'offre aucune recommandation concrète pour le faire: l'accès des stagiaires à la protection sociale n'est pas garantie (…), alors que la question de la rémunération appropriée des stagiaires n'est pas abordée non plus », a dénoncé le Forum européen de la jeunesse. (JK)