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Bulletin Quotidien Europe N° 11025
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

L'UE d'accord pour signer l'accord de commerce après les élections

Bruxelles, 24/02/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne a renvoyé, lundi 24 février, l'éventuelle signature d'un accord de rapprochement avec l'Ukraine à la formation d'un gouvernement issu des élections anticipées du 25 mai, et rappelé que toute aide financière était conditionnée à des réformes économiques.

« Nous voyons et entendons l'aspiration européenne des Ukrainiens, nous sommes prêts à la soutenir. L'accord de commerce et d'investissement que nous avons proposé aux Ukrainiens est toujours sur la table. Et nous en discuterons avec le prochain gouvernement légitime issu des élections prochaines. Ceci pour assurer le renforcement de nos relations avec Ukraine », a déclaré lundi un porte-parole de la Commission européenne, Olivier Bailly. L'accord d'association envisagé comprend un volet sur la création d'une zone de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine.

La Commission, à ce stade, exclut toute signature d'un tel accord avant la formation d'un nouveau gouvernement élu en Ukraine. Le refus du président déchu, Viktor Ianoukovitch, de signer un tel accord en novembre a précipité le pays dans la crise. « Nous devons d'abord laisser aller à son terme la période de transition » politique ouverte depuis samedi 22 février à Kiev avec la déchéance de Viktor Ianoukovitch, avant d'en discuter après les élections anticipées du 25 mai « une fois le nouveau gouvernement formé », a souligné le porte-parole de la Commission. « Cela ne veut pas dire que l'actuel gouvernement n'est pas légitime, mais nous voudrions un gouvernement élu pour qu'il y ait un choix souverain appuyé par une majorité claire », a-t-il avancé.

Aide économique. Olivier Bailly a également rappelé qu'un soutien financier et économique européen à l'Ukraine était conditionné à la mise en oeuvre par ce pays de réformes économiques, que le FMI se tient prêt à dicter. « Nous sommes prêts à aider à condition qu'il y ait des réformes économiques en Ukraine », a-t-il insisté, alors que les nouvelles autorités ukrainiennes ont réclamé 35 milliards de dollars d'aide financière à la communauté internationale pour éviter la banqueroute. « Nous sommes prêts à examiner différentes options pour aider économiquement l'Ukraine », a encore dit la Commission.

L'Ukraine a également proposé d'organiser une grande conférence internationale de donateurs avec l'Union européenne, les États-Unis, le FMI et d'autres organisations financières internationales afin d'obtenir des fonds pour la modernisation et les réformes en Ukraine. Le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, avait prévenu dimanche que l'Ukraine se trouvait au bord d'un défaut de paiement. Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a déclaré à ce titre dimanche: « Nous devons être prêts à apporter une assistance financière via des organisations comme le Fonds monétaire international (FMI) ». Il a précisé que l'essentiel de cet apport prendrait la forme de prêts.

La Russie a depuis promis de prêter 15 milliards de dollars (11 milliards d'euros) à l'Ukraine et de réduire le prix du gaz naturel qu'elle lui vend. Moscou a toutefois suspendu cette semaine le versement de cette aide.

Sanctions pas automatiques. La Commission a rappelé que les travaux étaient en cours au sein du Conseil pour déterminer le champ d'application des sanctions (gel des avoirs surtout et interdiction des visas) des personnes responsables des violences meurtrières en Ukraine. « La décision finale sera prise à la lumière des événements sur place, il n'y a pas d'automaticité », a rappelé la Commission. Or le week-end des 22 et 23 février a apporté son lot de développements. Les nouvelles autorités ukrainiennes ont lancé un mandat d'arrêt pour « meurtres de masse » contre le président déchu, Viktor Ianoukovitch. Destitué samedi par le parlement, M. Ianoukovitch n'a pas donné signe de vie depuis et pourrait se cacher dans l'est du pays. Les violences au centre de Kiev ont fait 82 morts la semaine dernière.

La liste des personnalités visées par les sanctions de l'UE, comptant une vingtaine de noms, ne devrait en tout état de cause pas être rendue publique avant jeudi, selon un diplomate européen. Cette prudence européenne viserait à « éviter toute provocation » envers la Russie, pour prévenir tout risque de partition de l'Ukraine entre l'Ouest pro-européen et l'Est russophile, selon des sources.

Ashton à Kiev. « Les Européens ont demandé à la Russie de ne pas intervenir, la contrepartie est que l'UE s'engage à rester en dehors du jeu », selon une source. Ce serait le message que la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, qui a entamé lundi une visite de deux jours à Kiev, souhaiterait transmettre à ses interlocuteurs ukrainiens. Mme Ashton devait rencontrer les partis qui forment la nouvelle majorité. Elle devrait évoquer les différentes formes d'aide que l'UE pourrait apporter à l'Ukraine. « Nous ne prenons pas fait et cause pour un camp. Nous menons un dialogue inclusif avec toutes les parties concernées », a dit un porte-parole de la Commission.

Les pays de Visegrad (République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovaquie) ont appelé lundi au « dialogue responsable de toutes les forces politiques ukrainiennes », au lendemain de l'installation d'un nouveau pouvoir à Kiev. Les quatre pays de l'UE ('V4'), dont trois partagent une frontière avec l'Ukraine, sont « fortement attachés au maintien de la souveraineté, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégrité territoriale » du pays, ont souligné leur chef de la diplomatie réunis à Budapest. La coopération des pays du groupe de Visegrad se concentre sur les questions énergétiques et de sécurité, ainsi que sur le partenariat avec les pays de l'Est comme l'Ukraine ou la Russie. Le groupe a réclamé lundi la fourniture d'une « aide macroéconomique » internationale à l'Ukraine, en estimant que la « stabilisation de l'économie ukrainienne serait la clé » de la stabilisation du pays.

Libération de Ioulia Timochenko. Les présidents de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du Parlement européen, Martin Schulz, ont salué, samedi 22 février, la libération de l'opposante et ex-Premier ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko. « Une justice indépendante est essentielle pour une Ukraine démocratique », a écrit sur son compte Twitter M. Barroso, deux heures après la remise en liberté de l'ancienne égérie de la Révolution orange de 2004. « Au nom du Parlement européen, je salue chaleureusement l'annonce de la libération de Ioulia Timochenko », a déclaré Martin Schulz. « L'annonce d'élections présidentielles pour le 25 mai est particulièrement bienvenue et importante. Le changement est en cours en Ukraine », a-t-il ajouté. Le chef de file du groupe PPE au PE, Joseph Daul, a exprimé son soulagement. « Après presque trois années d'une incarcération injuste et motivée politiquement par le régime de (Viktor) Ianoukovitch, Ioulia Timochenko est finalement libre », a dit M. Daul dans un communiqué. Mme Timochenko ne serait pas intéressée par le poste de Premier ministre dans le nouveau gouvernement. (LC)

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