Bruxelles, 31/01/2014 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, s'est dite consternée, le 31 janvier, par les actes de torture et les traitements cruels dont sont victimes des manifestants ukrainiens, appelant à leur arrêt et à ce que les responsables soient jugés. « Je suis consternée par les signes évidents de torture prolongée et des traitements cruels envers l'organisateur Dmytro Bulatov, retrouvé vivant hier (le 30 janvier) après avoir disparu depuis une semaine. D'autres, comme Yuriy Verbytskyy, retrouvé mort le 22 janvier, ont payé de leur vie pour l'exercice de leurs droits civils », a souligné Mme Ashton dans un communiqué. Elle a ajouté qu'il ne s'agit que de deux des cas de « ciblage délibéré continu » des organisateurs et des participants de manifestations pacifiques.
« Tous ces actes sont inacceptables et doivent être immédiatement arrêtés », a-t-elle lancé, rappelant qu'il est de « la responsabilité des autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour remédier à l'atmosphère actuelle d'intimidation et d'impunité qui permet que de tels actes aient lieu ». « Toutes les personnes détenues illégalement doivent être libérées et les auteurs (de tels actes) traduits en justice », a-t-elle poursuivi. Trente personnes seraient portées disparues, selon le Kyiv Post. Ce n'est pas l'état de droit mais un État d'intimidation qui terrorise la population, selon une source européenne qui ne veut pas être nommée. Elle a ajouté qu'il est clair qu'il y a des violations des droits de l'homme.
Par ailleurs, le 31 janvier, des journalistes ukrainiens ont souligné que les journalistes qui couvrent les événements sont pris pour cible par les forces de l'ordre, ils sont menacés et au moins 60 d'entre eux auraient été blessés. Ils ont appelé l'UE à soutenir et dire au gouvernement que la presse et les journalistes doivent être en sécurité dans n'importe quelle situation.
Appel à des sanctions
De son côté, le Comité des régions a invité, le 31 janvier, l'UE à agir de manière décisive pour assurer une solution pacifique qui respecte pleinement les droits et les libertés du peuple ukrainien ». Dans sa résolution, il appelle aussi « les institutions de l'UE à réagir fermement contre la violation des droits de l'homme et de la primauté du droit » en Ukraine, condamnant fermement « toute violence et toute forme d'intimidation ». « La violence et l'intimidation ne sont pas dignes d'un État démocratique et si elles continuent, nous devons répondre avec des sanctions ciblées contre ceux qui en portent la responsabilité, directement et indirectement », a souligné pour sa part le président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok (PPE, allemand). Le PE débattra de la situation en Ukraine le 5 février et devrait voter une résolution le 6. Une source européenne a expliqué que les sanctions ne sont pas à l'ordre du jour, soulignant que l'UE a plusieurs moyens d'influence et que prendre des sanctions ferait perdre de nombreux moyens d'influence.
La source européenne a précisé que la situation est très fluctuante et peut changer chaque jour dans un sens positif comme négatif et que la loi Marshall n'est pas exclue. Elle a précisé qu'il faut éviter un glissement vers le chaos, qui est tout à fait possible, selon elle.
L'armée ukrainienne a appelé, le 31 janvier, le président, Viktor Ianoukovitch, à prendre des mesures d'urgence pour stabiliser la situation, jugeant « inacceptables » la prise d'assaut de bâtiments publics et les tentatives d'empêcher le pouvoir de remplir ses fonctions. Selon elle, une escalade de la contestation menace l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Plus tard dans la journée, M. Ianoukovitch a promulgué la loi sur l'amnistie des manifestants interpellés, assortie de conditions, et l'abrogation des lois adoptées le 16 janvier contre les manifestations. (CG)