Bruxelles, 31/01/2014 (Agence Europe) - Attendu avec impatience par les ONG actives dans le domaine, le premier rapport interne à l'UE en matière de corruption, que la Commission européenne avait annoncé en 2011, sera présenté lundi 3 février par la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström.
Ce rapport étudiera pour la première fois le phénomène de corruption dans les 28 États membres et se concentrera, entre autres, sur les aspects marchés publics. La Commission, comme elle l'avait indiqué en 2011, réalise un exercice de compilation des données existantes, entre rapports des ONG ou des organisations internationales. Mais pour Transparency International, si ce rapport ne devrait rien leur apprendre de nouveau sur le phénomène, il a au moins le mérite de faire un état des lieux pour chaque État membre et de montrer noir sur blanc les problèmes détectés, a expliqué vendredi 31 janvier cette association.
Un bémol toutefois: le chapitre que la Commission devait initialement consacrer aux institutions européennes a été biffé. La Commission n'étudiera donc pas encore cette fois-ci l'étendue de la corruption au sein des institutions. Pour les ONG, l'affaire de l'OLAF (Office européen de lutte antifraude) et du cas de John Dalli (l'ancien commissaire à la Santé qui a dû démissionner en raison d'un présumé cas de trafic d'influence avec l'industrie du tabac) n'est pas étrangère à ce retrait. Du côté de la Commission, on affirme plutôt qu'il n'a pas été jugé pertinent de s'auto-évaluer, même si ce chapitre spécial sur les institutions était en effet prévu au départ. « L'idée du rapport anticorruption est d'avoir une tierce partie objective, des études académiques indépendantes, ce qui n'existe pas encore », affirme-t-on dans l'entourage de Mme Malmström. Où l'on rappelle d'ailleurs que Transparency International est actuellement en train de mener sa propre enquête sur l'étendue du phénomène au sein des institutions, ce qui constituera une première base de données indépendante. L'ONG doit publier les résultats de son enquête en avril.
En attendant, une autre question se pose aussi chez les ONG. Pourquoi ce rapport attendu à la mi-2013 a-t-il pris tant de retard ? Plusieurs États membres, dont l'Italie, auraient, selon certaines sources, exprimé de fortes réserves sur cet exercice et retardé d'autant la publication. En théorie, la méthodologie retenue par la Commission devrait mettre tous les États membres sur un pied d'égalité et n'épargner aucun d'entre eux. Jusqu'à présent, ce n'est qu'en Roumanie et en Bulgarie que la Commission a ouvertement évalué le degré de corruption des acteurs de la vie publique, ceci dans le cadre du Mécanisme de coopération et de vérification. (SP)