Bruxelles, 31/01/2014 (Agence Europe) - Le socialiste Liêm Hoang-Ngoc (S&D, français) est d'avis que l'action de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) lors des plans de sauvetage financier de la Grèce a été opaque, « sans délibération démocratique » et même « un désastre ».
C'est ce qu'il a constaté, jeudi 30 janvier, depuis Athènes où il participait à une mission du Parlement européen dans le cadre du rapport qu'il co-rédige avec l'Autrichien Othmar Karas (PPE) sur les actions de la 'troïka' dans les pays sous plan d'assistance financière.
Les députés le concèdent: l'action de la 'troïka' n'a pas été sans erreur - et les citoyens ont le droit d'en être informés, selon M. Karas. Mais il n'y avait pas d'alternative lorsque la crise a frappé la zone euro en 2010. Le Belge Philippe Lamberts (Verts/ALE) a, par ailleurs, refusé de conclure que « tout ceci a été créé par la 'troïka' ». Il a rappelé que la cause de la crise de la dette souveraine dans l'eurozone a été la crise financière globale « causée par le comportement irresponsable du secteur bancaire » et, en Grèce, « une irresponsabilité budgétaire ». L'Allemand Jürgen Klute (GUE/NGL) a tout de même tenu à présenter des excuses pour le dénigrement médiatique ('media bashing') dont avait été victime la Grèce dans son pays.
Si la question n'est pas de mettre sur pied une commission d'enquête (le PPE n'y était pas favorable selon M. Hoang-Ngoc), certaines erreurs dans la gestion de la crise grecque devraient pouvoir être réparées. Il a évoqué la restructuration de la dette grecque, qui devrait s'inviter au printemps à l'agenda de l'Eurogroupe. Il a estimé, par exemple, que la BCE pourrait subir quelques pertes sur ses propres avoirs. À ses yeux, une restructuration de la dette pourrait également permettre d'assouplir la consolidation budgétaire.
Mais ce que les députés veulent surtout, c'est pallier les lacunes juridiques de l'action de la 'troïka'. « La 'troïka' a fait son temps. Elle doit être démantelée et remplacée par un mécanisme démocratiquement contrôlable », a poursuivi M. Hoang-Ngoc. M. Karas a, pour sa part, rappelé que le trio institutionnel était toujours actif au Portugal, en Grèce et à Chypre et qu'il devait « achever son travail ». Mais, à l'avenir, « nous avons besoin d'une solution à long terme », a-t-il considéré.
Primauté à la méthode communautaire. Les eurodéputés planchent sur plusieurs idées, dont celle de faire du fonds de sauvetage permanent de l'eurozone, le Mécanisme européen de stabilité (MES), un 'Fonds monétaire européen' à l'image du FMI. Ou encore d'allier l'expérience de la Commission à la puissance de feu du MES. L'important, aux yeux de M. Karas, est que la solution retenue se base sur la méthode communautaire. Il a estimé que c'était le devoir du PE de faire en sorte que l'argent de ceux qui prêtent soit utilisé correctement, et que ceux qui reçoivent l'aide soient mieux informés.
Les députés ont rencontré à Athènes les présidents de différentes commissions du parlement national, le gouverneur de la banque centrale, le ministre des Finances, Yannis Stournaras, et les partenaires sociaux. Le rapport du PE devrait être adopté en plénière en mars. (EL)