Bruxelles, 09/01/2014 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne reste toujours prête à brandir son arsenal pour s'assurer qu'elle mène à bien son mandat, la stabilité des prix, a martelé son président, Mario Draghi, jeudi 9 janvier lors d'une conférence de presse mensuelle.
« Deux conditions pourraient nous pousser à agir », a-t-il précisé, « un resserrement non souhaité des marchés monétaires ou une aggravation de nos perspectives d'inflation ». Pour l'heure, la BCE prévoit une période prolongée de faible inflation en zone euro, suivie d'une remontée progressive, toutefois toujours maintenue sous le seuil de 2%. « Nous avons pour mandat de maintenir la stabilité des prix, dans les deux directions », a-t-il rappelé. « Nous agirons si notre évaluation à moyen terme » établissait une détérioration de l'inflation. Le choix des instruments dépendra de la situation, mais M. Draghi peut déjà le dire, « tous les instruments autorisés par le traité sont éligibles ». En décembre 2013, le taux d'inflation pour la zone euro s'est par ailleurs établi à 0,8%, ce qui appuie le fait, selon lui, que les perspectives à moyen terme restent fermement ancrées. Quant aux craintes de déflation, il a assuré que « nous ne sommes pas dans un scénario japonais ». Le Japon a connu une spirale déflationniste dans les années 1990.
Jeudi 9 janvier, le conseil des gouverneurs a laissé intacts les taux des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt, respectivement à 0,25%, 0,75% et 0%. Et la BCE a réaffirmé « fermement » sa communication avancée ('forward guidance') en soulignant le fait que ses principaux taux directeurs resteraient à leur niveau actuel « voire plus bas, pour une période de temps prolongée ».
Quant à l'amélioration de la situation économique, le président de l'institut de Francfort s'est voulu toujours prudent, estimant qu'il serait prématuré de crier victoire et soulignant au passage un niveau de chômage enfin stabilisé, mais toujours élevé. Le PIB de la zone euro a cru de 0,1% au troisième semestre de 2013, après une précédente poussée vers le haut de 0,3% au second semestre. La production devrait reprendre en 2014 et en 2015 « à un rythme lent », boostée par des améliorations dans la demande domestique « soutenue par la politique monétaire accommodante » ainsi qu'un renforcement graduel de la demande en exportations. Les risques entourant les perspectives économiques restent orientés à la baisse. Et de préconiser une composition de la consolidation budgétaire favorable à la croissance et accompagnée de réformes structurelles, estimant que cette consolidation commençait à porter ses fruits.
Il a également estimé que, depuis l'été 2012, des progrès étaient visibles dans la situation de financement des banques. Le passage au crible du secteur bancaire européen, qui doit s'achever à l'automne, devrait contribuer à y asseoir la confiance. Il a toutefois concédé qu'il pourrait y avoir un désendettement à court terme des banques dans la perspective des tests de résistance (stress test) et de l'évaluation de la qualité des actifs, un désendettement qui pourrait peser sur le financement de l'économie. M. Draghi a enfin profité de cette réunion pour accueillir le gouverneur de la banque centrale lettone, M. Rimsevics, dont le pays vient tout juste d'adopter la monnaie commune. (EL)