Bruxelles, 09/01/2014 (Agence Europe) - Ambition élevée et objectifs contraignants de moyen terme, c'est ce que veulent les députés des commissions de l'environnement et de l'industrie du Parlement européen pour la politique Climat/Énergie de l'UE à l'horizon 2030. C'est conjointement qu'ils se sont prononcés, jeudi 9 janvier, en faveur de trois objectifs contraignants: une réduction d'au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990, 40% d'efficacité énergétique et 30 % au moins pour la part d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie de l'UE.
Le projet de résolution adopté à une courte majorité (66 voix pour, 42 contre, 3 abstentions) est la contribution du Parlement au débat à venir sur le nouveau paquet législatif Climat attendu le 22 janvier de la Commission européenne pour établir le cadre d'une politique intégrée Climat/Énergie à l'horizon 2030. Jusqu'à la dernière minute, l'incertitude a plané sur l'issue du vote marathon de quelque 900 amendements, tant était profond le clivage entre partisans de trois objectifs contraignants et défenseurs d'un seul objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (EUROPE 10975)
Après les 'trois 20', comme l'on a coutume de désigner les objectifs du paquet Climat de 2008 pour l'horizon 2020 (20% de réduction des GES, 20% d'efficacité énergétique, 20% de renouvelables, seul le premier objectif étant contraignant), l'heure serait donc venue des 40/40/30. « Il était important de poursuivre le travail entamé par le cadre 20/20/20, qui contenait déjà trois objectifs, en apprenant des erreurs de jeunesse de ce cadre ! C'est exactement ce que les membres des commissions conjointes ont soutenu », s'est réjouie Anne Delvaux (PPE, belge), rapporteur.
L'eurodéputé Claude Turnes (Verts/ALE, luxembourgeois), porte-parole des Verts pour le climat et l'énergie, souligne que « 2030 est la prochaine étape cruciale pour la politique Climat/Énergie de l'UE. Ce vote est un signal important qui vient à point nommé. Nous espérons que la Commission en tiendra compte. Des objectifs clairs et ambitieux fourniraient aux investisseurs la certitude si nécessaire non seulement pour le secteur de l'énergie mais aussi pour les secteurs industriels et l'innovation en Europe». Il souligne néanmoins que c'est une réduction des émissions de 60% à l'horizon 2030 qu'il faudrait « pour ne pas renouveler l'erreur du manque d'ambition du paquet 2020 qui a miné l'efficacité de l'ensemble de la politique climatique et d'instruments clés comme le marché du carbone », ainsi que viser une part de 45% d'énergies renouvelables dans la production totale « serait réaliste ». (AN)