Bruxelles, 09/01/2014 (Agence Europe) - Un nouveau pas a été franchi, mercredi 8 janvier, vers la mise en oeuvre de la réforme à court terme du marché européen du carbone. Les experts des États membres, réunis au sein du comité réglementaire 'Changement climatique' de l'UE, ont approuvé la décision visant à différer le calendrier des enchères ('backloading') par le gel temporaire de 900 millions de quotas excédentaires en début de troisième période d'échange du système d'échange de quotas d'émission de l'UE pour tenter de faire remonter le prix du carbone et permettre à l'ETS de jouer son rôle d'incitant aux investissements dans les technologies propres et les énergies renouvelables. La Commission européenne s'est aussitôt réjouie que les experts aient ainsi suivi sa recommandation. Elle a toutefois appelé le Parlement et le Conseil à réduire leur délai d'examen du texte afin que le 'backloading' intervienne rapidement.
« La décision de différer le calendrier des enchères est maintenant une réalité. La Commission espère que les premières allocations pourront être différées rapidement », a déclaré Connie Hedegaard qui rappelle toutefois que cette réforme à court terme n'est pas la panacée. « Certes, cela aidera à stabiliser le marché du carbone dans les années à venir, mais nous devons nous attaquer à des défis plus structurels », souligne-t-elle, annonçant que ces défis seront abordés par la Commission dans sa proposition de cadre intégré pour une politique Climat/Énergie horizon 2030, attendue le 22 janvier.
La décision approuvée par les experts des 28 revêt la forme d'une modification du règlement concernant la mise aux enchères des permis d'émettre du C02 dans le cadre de l'ETS. Elle prévoit que 900 millions de quotas excédentaires seront temporairement retirés du marché de 2014 à 2016 pour y être réintroduits en 2019 et 2020. Cette tentative de remédier aux déséquilibres entre l'offre et la demande de quotas sur le marché ayant conduit à une chute vertigineuse de la tonne de carbone (3 euros au lieu des 20 à 30 euros initialement escomptés) avait été présentée en novembre 2012 comme une urgence. Elle doit s'accompagner d'une réforme structurelle de l'ETS, dont la Commission avait dessiné les options dans une communication de novembre 2012 également (EUROPE 10730). (AN)