Bruxelles, 09/01/2014 (Agence Europe) - Décidément très sensible, la question de l'audition par la commission des libertés civiles du Parlement européen de l'ancien consultant de la CIA Edward Snowden, à l'origine du scandale des écoutes, a fait l'objet d'un nouveau vote jeudi 9 janvier. La commission des libertés civiles du PE a autorisé cette audition avec 36 voix pour, 2 contre et une abstention.
Réfugié en Russie, Snowden ne se rendra ni à Bruxelles ni à Strasbourg, mais sera entendu via une vidéoconférence 'interactive'. L'invitation sera envoyée à Edward Snowden, le jeune lanceur d'alerte américain, qui devra accepter ou non cette forme de participation. Les questions des députés seront ensuite adressées à Edward Snowden en fonction de sa réponse et le calendrier devrait être précisé à ce moment-là. Si un accord est trouvé, l'audition, ouverte à tous les eurodéputés, pourrait se dérouler devant la commission des libertés civiles du PE d'ici « fin février », selon l'eurodéputée Véronique Mathieu (PPE, française).
Ce vote en commission des libertés civiles du PE confirme le feu vert qu'avait donné en décembre la conférence des présidents de groupes du PE.
Les présidents de groupe, à l'exception du groupe CRE, ne s'étaient certes pas opposés à l'intervention de M. Snowden, mais avaient laissé le soin à la commission des libertés civiles de se mettre d'accord sur les contours de cette audition. Depuis lors, plusieurs formules ont été envisagées, notamment une audition via vidéo pré-enregistrée, pour éviter toute possibilité de localisation du jeune consultant. Mais le groupe PPE avait demandé que cette audition se fasse en direct, de manière à ce qu'un débat contradictoire puisse avoir lieu. Toutes les conditions seront réunies pour « garantir la sécurité » de M. Snowden, qui encourt 30 ans de prison aux États-Unis pour violation de l'Espionnage Act et vol de documents appartenant à l'État, a indiqué Mme Mathieu.
Le groupe CRE, quant à lui, s'est dès le début opposé à toute intervention du consultant. Selon les conservateurs, il a mis en péril la sécurité nationale. Mais comme l'a indiqué jeudi le Britannique Timothy Kirkhope, le groupe CRE préfère tout de même que le consultant « soit questionné et mis au défi plutôt que lui soit donnée une tribune libre ». « Au moins, si Snowden veut témoigner, il va maintenant avoir à sortir de l'ombre et risquer que sa localisation soit découverte », a ajouté M. Kirkhope, estimant par ailleurs que cette audition interactive n'aura peut-être jamais lieu. (SP)