Athènes, 09/01/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exclu, mercredi 8 janvier à Athènes lors d'une conférence de presse, l'hypothèse d'une victoire des forces extrémistes aux élections européennes, tout en reconnaissant qu'en raison de la crise, « les extrêmes et le populisme peuvent prospérer même dans les pays les plus avancés ».
Signe de ces tensions: le chef du principal parti d'opposition grec, la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, a boycotté les cérémonies (EUROPE 10992). Un geste « symbolique » pour l'adversaire des plans d'austérité imposés à son pays. Une « personne intéressée par l'Europe serait venue », a rétorqué le Premier ministre grec, Antonis Samaras.
M. Barroso a appelé les forces politiques principales à engager un débat européen, à avoir un « débat honnête », à sortir de la zone de confort et à discuter avec ceux qui sont contre l'Europe et l'intégration européenne. Il n'y a pas de doute, selon lui, sur le fait que les partis des forces politiques principales vont remporter les prochaines élections européennes, prévues en mai. Les partis eurosceptiques et extrêmes montent en puissance dans toute l'Europe, mais le président de la Commission ne s'attend « pas à ce que ces partis gagnent ». Les principales forces politiques peuvent gagner avec des « arguments rationnels ». M. Barroso a estimé que les partis extrémistes et les forces populaires ne sont pas « engagés de la même manière que nous » en faveur des valeurs européennes. « L'intégration européenne est un projet démocratique, pas un projet technocratique », a rappelé M. Barroso.
De son côté, Antonis Samaras s'est montré confiant. Les gens vont devoir décider de ce qu'ils veulent ou non comme Union, a-t-il souligné. « Ils peuvent décider d'une Europe avec quelques approches eurosceptiques, mais je ne peux pas être d'accord avec ceux qui ne veulent pas que cette Europe existe », a-t-il ajouté. Si la population grecque souffre de la crise, ce qui pourrait l'amener à voter en faveur de partis extrêmes, tels qu'Aube Dorée, « je crois que le peuple grec vote aussi pour ses enfants et pour le futur du pays qu'il aime ». M. Samaras a ajouté qu'Aube Doré n'« a rien à voir avec la démocratie ». Pour lui, la solution est plus d'Europe et une meilleure Europe. « Nous voulons plus et pas moins d'Europe, une Europe qui apporte une réponse à nos angoisses, à nos peurs, une Europe plus forte et plus unie, pour léguer quelque chose d'important aux jeunes », a souligné encore M. Samaras. Il a conclu en disant que l'Europe est « la meilleure garantie d'un avenir plus lumineux ».
2014, une année plus favorable ?
« La démocratie ne s'arrête pas aux élections. La démocratie signifie: s'écouter les uns les autres, rechercher des solutions durables, faire des accords et les respecter, dire la vérité, agir en toute responsabilité et promouvoir la justice sociale », a pour sa part souligné le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lors de la cérémonie.
Pour M. Van Rompuy, 2014 devrait être une « meilleure année ». C'est une année « où nous devons nous concentrer à nouveau sur les résultats, tout d'abord en termes d'emplois ». Les priorités définies par la présidence grecque « illustrent bien nos objectifs communs et ce dont les citoyens se soucient le plus: les emplois, la croissance économique, des banques fortes dans la zone euro et la sécurité à nos frontières communes », a conclu M. Van Rompuy.
À bonne distance des discours officiels, quelques centaines de militants de gauche et représentants syndicaux ont manifesté, certains demandant une sortie de la Grèce de l'UE. De légers incidents les ont opposés aux nombreuses forces de l'ordre. (CG avec LC)